Intervention de Emmanuelle Ménard

Séance en hémicycle du mardi 12 février 2019 à 21h30
Pour une école de la confiance — Après l'article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaEmmanuelle Ménard :

Il vise à rappeler un principe simple, et cela va mieux en le disant : les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants ; s'ils confient l'instruction de ces derniers à l'école, ils ont le droit de les élever selon leurs convictions morales, religieuses ou politiques propres.

À cet égard, je crois que l'enseignement moral à l'école peut poser un réel problème, car la manière dont il est conçu n'est pas neutre. Je citerai à mon tour des propos de Vincent Peillon, qui n'a eu de cesse d'insuffler sa propre idéologie : « L'école doit opérer ce miracle de l'engendrement par lequel l'enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s'élever jusqu'à devenir le citoyen, sujet autonome. C'est bien une nouvelle naissance [… ] qui opère dans l'école et par l'école, cette nouvelle église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. » La messe est dite, si j'ose dire !

En 1906, Charles Péguy demandait : « Quand donc aurons-nous enfin la séparation de la Métaphysique et de l'État ? » Cette question se pose, de manière accrue, à l'école, dont le rôle est non pas de travailler les mentalités, mais bien d'assurer aux élèves qui lui sont confiés par les parents la meilleure instruction possible. C'est cette instruction solide qui sera garante de leur liberté.

1 commentaire :

Le 27/10/2019 à 08:33, Laïc1 a dit :

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Cette citation de Charles Péguy est très pertinente : on ne peut pas d'un côté demander la séparation de la religion et de l'État, à savoir faire en sorte que l'État n'enseigne pas la religion ( en dehors du cadre historique, car il faut un minimum de connaissances de la religion pour comprendre certains faits historiques), pour ensuite permettre que l'État enseigne la philosophie, la métaphysique, autrement dit enseigne des théories farfelues, qu'il fasse une forme de police de la pensée intellectuelle, qu'il exprime comment il faut penser l'homme, sa conscience, sa finalité, le tout dans un charabia sémantique dénué de tout fondement scientifique, qui ne trompe que les fanatiques de la fausse pensée.

L'enseignement de la philosophie doit ou être interdit ou ne pas être noté, on peut pas noter des théories absurdes qui sont déconnectées du champ de l'expérience et qui n'engagent que leurs auteurs. À la limite on pourrait noter la réfutation de ces théories ineptes, pas leur revalorisation dans des dissertations, c'est tout simplement absurde à notre époque fondée sur la raison scientifique.

La philosophie à notre époque est une forme de religion, c'est une religion pour des laïcs, mais tout laïc n'adhère pas à cette religion, elle est fondée sur des croyances que sont les concepts abstraits et leur logique, leur fausse logique car par exemple il n'y a rien de plus facilement réfutable que l'Ethique de Spinoza, soit disant fondée sur la logique, et au nom de quoi doit-on enseigner l'Ethique de Spinoza aux élèves de terminale ou à l'université si ce système philosophique n'a pas de vérité propre ? C'est proprement intolérable que des théories ineptes et farfelues puissent être enseignées aux élèves.

Et Heidegger, qui a carrément collaboré avec le régime nazi, n'est-il pas un philosophe lui aussi respectable ? Comment enseigner le bien et le mal aux élèves si on leur impose des grands philosophes qui ont directement collaboré avec la barbarie nazie ? L'enseignement de la philosophie trouve ici sa fin définitive, sa condamnation sans équivoque possible puisqu'elle prouve que ce ne sont que des théories farfelues incapables de se projeter utilement dans la réalité.

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