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Intervention de Didier Guillaume

Réunion du mercredi 23 janvier 2019 à 17h15
Commission des affaires économiques

Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation :

Merci, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, pour votre accueil. Mon propos sera très bref pour laisser place aux échanges et à vos questions précises.

Aujourd'hui, l'agriculture française vit un drôle de moment, avec cet « agribashing » qui voit les agriculteurs être accusés de tous les maux. Ce sont des empoisonneurs, des pollueurs… C'est insupportable !

Quelle est ma vision globale de l'agriculture ? J'estime tout d'abord que ce gouvernement aura réussi son oeuvre dans le domaine de l'agriculture si, au terme du quinquennat, cet agribashing a cessé. Pour y parvenir, il faut tout simplement une vision objective de ce qu'est l'agriculture française, de ses évolutions, de ses mutations, de la façon dont les agriculteurs travaillent – et ils le font bien –, de l'évolution de l'agriculture, qui, en dix ou vingt ans, a complètement changé, de la prise en compte des transitions agroécologiques par les agriculteurs, de la prise en compte de la transition sanitaire, de la volonté d'utiliser moins de d'intrants, d'avoir des relations commerciales les plus justes possibles. Pour ce faire, depuis ma nomination, j'ai, dans le prolongement du travail accompli par M. Stéphane Travert, que je tiens à nouveau à saluer, fait de la formation une priorité. La formation est absolument indispensable. Aujourd'hui nous avons 800 établissements d'enseignement technique agricole, publics ou privés, qui sont une pépite. Je parle de l'enseignement technique agricole général comme de l'enseignement supérieur ou de la recherche. Hier soir, je réunissais les douze directeurs de nos grandes écoles vétérinaires et d'enseignement supérieur et de recherche. Ce que nous faisons est formidable mais, depuis dix ans, les effectifs des établissements d'enseignement agricole diminuent partout. Aujourd'hui, ils tiennent parce que ce sont des établissements d'excellence où beaucoup de jeunes s'inscrivent non pour s'orienter vers l'agriculture – ils n'en ont pas tous envie – mais pour l'enseignement général qui y est dispensé. Ils y passent leur baccalauréat scientifique ou littéraire et partent ensuite dans une autre formation.

Le premier acte, ce sera donc une grande campagne de communication que nous lancerons, je l'espère, à vos côtés, Mesdames et Messieurs les députés membres de la commission des affaires économiques, lors du salon de l'agriculture, avec les trois familles de l'enseignement agricole. Les formations agricoles doivent être un « primo-choix », non un choix par défaut. Pour y parvenir, il faut changer la perception qu'en ont les agents du ministère de l'éducation nationale. Avec M. Jean-Michel Blanquer, nous allons demander à tous les professeurs principaux, à tous les conseillers d'information et d'orientation et aux forums des métiers de faire aux métiers de l'agriculture la même place qu'aux autres, parce que l'enseignement supérieur et la recherche dans l'agriculture n'ont rien à envier aux autres filières.

Ensuite, les transitions sont en train de se faire. La transition agroécologique est évidemment la priorité absolue de ce ministère. Depuis des années, toutes les filières agricoles et tous les agriculteurs y sont engagés, de manière absolument irréversible. On ne fait plus de l'agriculture comme il y a trente ans, non qu'on faisait mal il y a trente ans, mais parce que les choses sont différentes : on ne laboure plus, on ne doit plus laisser des sols non couverts l'hiver, etc.

Dans cette perspective, ce que vous avez fait lors des États généraux de l'alimentation et dans le cadre de la loi EGALIM est un véritable succès – je le dis d'autant plus librement que je n'étais pas ministre de l'agriculture à cette époque. Au bout du compte, avec la loi EGALIM, nous serons parvenus à une transition complète.

Lundi dernier, au sommet Choose France, j'ai rencontré les représentants de six des plus grandes entreprises agroalimentaires du monde. Tous ont commencé par me dire « bravo ! » pour ces États généraux de l'alimentation. Tous ont conscience de ce qui est en train de se passer, y compris Coca-Cola, Carlsberg, Mars, etc. Tous estiment que les négociations commerciales ne peuvent plus se dérouler comme jusqu'à présent. Et grâce à ce que vous avez voté, Mesdames et Messieurs les parlementaires, grâce aux ordonnances que nous avons prises, notamment celle sur le relèvement du seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions, et celle que nous allons prendre sur les prix anormalement bas, jamais comme cette année autant de contrats ont été signés entre la grande distribution, les industries agroalimentaires et les coopératives, et pour le mieux. Il faut encore aller plus loin. Cela a très bien fonctionné pour le lait. C'est plus difficile dans d'autres secteurs. Je me suis donc engagé à rencontrer au moins une fois, en tête à tête, tous les patrons de la grande distribution, tous les patrons des coopératives, tous les industriels, et j'essaie de faire avancer les choses.

Vous aviez demandé dans le cadre des États généraux que les interprofessions soient à la base de la réflexion et mettent en place des indicateurs de prix. Certaines l'ont fait, d'autres sont en retard. Pour celles qui l'ont fait, les négociations se passent mieux que pour les autres. Il faut encore aller de l'avant. Je dois vous dire, Mesdames et Messieurs les députés, que ce que vous avez fait avec les États généraux de l'alimentation était révolutionnaire et changera totalement l'esprit de l'agriculture ; je le fais d'autant plus facilement que je n'y suis pour rien.

Je ne sais pas si je dois parler du glyphosate, de la politique agricole commune (PAC) et du Brexit. Je suppose que vous m'interrogerez notamment sur ces sujets, et je vous répondrai du mieux que je pourrai.

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