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Intervention de Didier Guillaume

Réunion du mercredi 23 janvier 2019 à 17h15
Commission des affaires économiques

Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation :

Je ne pense pas que ce soit le cas… Ce que je veux dire, c'est que la filière a bien préparé son évolution en mettant en oeuvre une politique de contractualisation ambitieuse. Quoi qu'il en soit, pour ce qui est du rapport gouvernemental, je reste convaincu qu'il vaut mieux disposer de trois ans de recul plutôt que d'un an pour établir un bilan fiable de la situation. En attendant, je reste évidemment ouvert au dialogue, notamment pour évoquer la diversification de la filière de la betterave sucrière – les biocarburants, l'éthanol, etc. – et les services de mon ministère sont tout à fait disposés à vous accueillir si vous le souhaitez.

Je veux dire à M. Besson-Moreau qu'il y aura bien une loi – petite, moyenne ou grande, cela dépendra de vous – sur la protection du foncier agricole, car l'artificialisation des sols est un vrai problème, devant lequel on ne peut reculer éternellement. Pour ce qui est de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité des habitations, je sais que vous avez débattu jour et nuit dans le cadre de l'examen de la loi EGALIM pour déterminer, par exemple, quelle devait être la largeur de la bande de sécurité autour des lotissements, et maintenant qu'un consensus a été trouvé, je crois qu'il faut éviter de le remettre en cause.

J'ai répondu à presque toutes vos questions, Monsieur Chassaigne, sauf à celle relative à la spéculation sur le prix du fourrage. Une chose est sûre : la spéculation, qui a commencé dès le début de la sécheresse, ne se fait pas sans spéculateurs, et ceux-ci sont à rechercher dans les régions où la paille n'a pas fait défaut, parce que la sécheresse n'y a pas sévi… Je n'en dirai pas plus, si ce n'est pour déplorer que la solidarité agricole, qui a pu jouer en d'autres occasions au cours des années précédentes, notamment au cours de la sécheresse de 2011, ait été cette fois singulièrement absente, comme je l'ai dit à M. Claude Cochonneau, président de l'APCA. Si, en 2011, le Gouvernement avait accompagné la solidarité en prenant des mesures d'aide au transport de fourrage, j'ai refusé que ce soit le cas cette année, car je ne voulais pas que la gratuité de transport bénéficie à des transports de fourrage destinés à l'Allemagne !

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