Intervention de Delphine Batho

Réunion du mercredi 13 février 2019 à 9h30
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDelphine Batho :

En tout cas, il y a des voyous chez Monsanto. Les intérêts de l'agrochimie ne se confondent pas avec ceux du monde agricole, ils divergent.

M. Moreau affirme que le débat ne porte pas sur l'interdiction ou la non-interdiction du glyphosate, mais c'est précisément le cas. Le Président de la République s'est engagé pour l'interdiction du glyphosate ; et maintenant, il dit que cela tuerait l'agriculture française, qu'aucun rapport indépendant n'aurait démontré que le glyphosate était mortel, j'en passe et des meilleures… Et ce revirement a été salué par une série d'interlocuteurs que l'on connaît bien.

Vous opposez le volontarisme à l'interdiction par la loi. Je voudrais juste rappeler qu'il est établi depuis le Grenelle de l'environnement que le volontarisme en matière de sortie des pesticides ne marche pas. Je viens de consulter sur internet la plateforme pour la sortie du glyphosate, afin de savoir combien d'agriculteurs s'étaient engagés à sortir du glyphosate : il n'y en a que deux pour la France entière !

Cela s'explique car la politique publique que vous envisagez, sans interdiction, consiste à un transfert de responsabilité. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de déclarer si une substance est autorisée ou si elle est interdite ; or vous transférez cette responsabilité sur le monde agricole. Nous savons qu'un produit est probablement cancérigène. Vous l'autorisez, mais vous demandez aux agriculteurs de moins en utiliser et de faire un effort. J'appelle cela un transfert de responsabilité. C'est la raison pour laquelle je m'oppose à cet amendement et je soutiens la proposition d'inscrire dans la loi l'interdiction du glyphosate.

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