Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du jeudi 21 février 2019 à 9h30
Référendums d'initiative citoyenne — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

… et de réaffirmer le droit permanent du peuple d'intervenir dans les affaires publiques. Tel est le sens du référendum d'initiative citoyenne : stabilité des institutions ; possibilité permanente, pour le peuple, d'intervenir.

Cette nouvelle liberté, bien sûr, on l'assortit ensuite de quotas, d'un nombre de signataires minimal, de moyens, bref, de toutes sortes de choses qui l'organisent. Elle ne peut signifier l'assemblée générale permanente, ni la manifestation quotidienne. Mais notre initiative recouvre tout ce que je viens de dire : entendez-la pour ce qu'elle est, c'est-à-dire pas pour une autoproclamation de notre part, comme l'a dit si sottement la ministre, du fait que nous serions le peuple. Quelle idée ! Nous ne sommes pas une avant-garde, et ne l'avons jamais été. Il ne s'agit pas davantage d'agiter la peur de voir surgir des hordes de gens qui prennent des décisions, puisque c'est ainsi que certains se représentent le peuple.

Le peuple est sage. Vous n'avez pas d'exemple qu'il ait voté des sottises ou des crimes. Pourquoi voudriez-vous qu'il le fasse demain, plus instruit qu'il est que jamais ? Le peuple est bon, car il a en lui une sagesse ; une sagesse qui, parfois, peut exaspérer par sa lenteur, mais une sagesse qui faisait dire au grand Jaurès qu'il n'y a pas de question plus importante ni plus centrale pour un Français, un républicain et un socialiste, que la question de la souveraineté politique du peuple. Toute la vie politique est rassemblée dans cette idée : que veut le peuple ? Et lui seul est souverain.

J'espère que mon plaidoyer aura au moins ébranlé quelques certitudes selon lesquelles il faudrait avoir, à l'égard du peuple, une méfiance que nous n'entendons pas. Nous proposons au peuple de retrouver ses droits en certains circonstances : le droit de proposer – pouvoir législatif – , d'abroger – pouvoir de suppression – , de révoquer les élus quels qu'ils soient – du conseiller municipal jusqu'au Président de la République – , et, enfin, de se faire constituant.

Alors oui, c'est vrai, madame, nous conspirons, si c'est ainsi que vous voulez appeler la chose. Nous nous opposons aux institutions de la Ve République tout en faisant remarquer à nos amis qui en ont été les défenseurs qu'elle n'a plus rien à voir, aujourd'hui, avec celle qui fut fondée en 1958, ni par le peuple auquel elle se rapporte, ni par son contenu.

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