Intervention de Raphaël Schellenberger

Séance en hémicycle du jeudi 21 février 2019 à 9h30
Référendums d'initiative citoyenne — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaRaphaël Schellenberger :

Cela ne nous fait pas peur, mais cet article remet radicalement en cause notre démocratie représentative, fondée sur un principe fort : l'exercice de la souveraineté populaire par des femmes et des hommes élus par les Français pour les représenter pour une période donnée. Nos institutions reposent sur cette idée dont la mise en pratique permet la stabilité du régime et l'action dans le temps. Au terme du mandat confié, le retour devant les urnes permet de confronter les promesses faites avec les réalisations. Ce mécanisme ne souffre pas d'un défaut de démocratie puisqu'il permet, au contraire, de concilier l'exigence d'action dans le temps et la représentation d'orientations déterminées au moment de l'élection. Ici s'exprime la démocratie et la capacité à être ensemble maîtres du destin de la cité.

Le dispositif que vous proposez brise la notion de mandat. Alors que le temps se trouve déjà considérablement accéléré par l'information en continu, par nos rapports avec les réseaux sociaux et, plus largement, le numérique, vous proposez une nouvelle accélération dangereuse en réduisant encore le temps d'action disponible pour l'action publique. Vous cédez aux sirènes de l'instantanéité tandis que le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral ont déjà largement accéléré le temps politique – accélération dont on mesure seulement l'impact aujourd'hui.

1 commentaire :

Le 27/02/2019 à 22:52, Laïc1 a dit :

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Ce sont les gilets jaunes qui accélèrent le temps politique, pas l'"instantanéité de 5 ans" de M. Macron.

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