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Intervention de Christelle Werquin

Réunion du jeudi 24 janvier 2019 à 9h30
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Christelle Werquin, déléguée générale de l'AFHYPAC :

Je souhaite tout d'abord saluer le travail mené avec les services de l'État depuis la publication du plan national hydrogène, notamment sur les engagements pour la croissance verte auxquels nous travaillons quotidiennement à leurs côtés.

Dans ce contexte, deux éléments méritent tout particulièrement d'être soulignés. Le premier concerne le fait que la filière se structure et se mobilise dans le cadre de plusieurs groupes de travail, en vue de signer des engagements pour la croissance verte. L'enjeu pour nous est de disposer face à cela d'une équipe projet au niveau de l'État, réunissant divers services des ministères : nous travaillons ainsi avec la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), avec la direction générale de la prévention des risques (DGPR) et aimerions collaborer davantage avec la direction générale des entreprises (DGE).

Je souhaiterais à ce propos faire le lien avec les comités stratégiques de filière, placés sous l'égide du Conseil national de l'industrie. Nous sommes par exemple en train de travailler à l'élaboration du contrat stratégique de filière « nouveaux systèmes énergétiques ». Une fiche projet « hydrogène » existe et nous aimerions que la filière industrielle française puisse faire l'objet d'un accompagnement par la DGE et, d'une manière générale, par le ministère de l'économie et des finances. Il existe également un projet « hydrogène » au sein du contrat stratégique de la filière automobile, ainsi que des mentions de l'hydrogène dans le contrat stratégique de filière des industriels de la mer ou encore dans le secteur ferroviaire. L'hydrogène répond à des enjeux beaucoup plus larges qu'une simple brique technologique pour un usage donné : on pense bien entendu à la mobilité, à l'industrie, à l'énergie, mais aussi, sur les territoires, au développement d'écosystèmes complets comme les écosystèmes portuaires ou les zones industrielles ou de reconversion des territoires, où l'hydrogène peut apporter énormément de solutions. L'enjeu est, comme le soulignait Philippe Boucly, de disposer d'une vision claire quant à la volonté de l'État d'accompagner cette filière industrielle.

L'idée de définir des chaînes stratégiques au niveau européen se développe actuellement. La filière hydrogène fait potentiellement partie des dernières chaînes de valeur identifiées. Nous espérons que la France défendra auprès de Bruxelles l'idée selon laquelle cette chaîne de valeur est véritablement stratégique et pourrait faire l'objet de projets d'intérêts communs.

Nous disposons, avec l'hydrogène, d'une occasion de porter un nouveau souffle au niveau de l'Union européenne. Ce serait l'occasion de se doter d'une politique industrielle permettant de tenir face à la concurrence mondiale, à grande échelle, soit au travers de partenariats franco-allemands, soit plus largement, à partir d'une chaîne de valeur française structurée, avec un portefeuille de brevets, notamment sur l'électrolyse à haute température, avec des chercheurs de très haut niveau, des territoires engagés, des grands groupes, des PME et des start-up, en développant une valeur ajoutée européenne. L'Europe peut en effet jouer un rôle face à la Chine et à d'autres pays se mobilisant très fortement sur la question de l'hydrogène. Cela suppose toutefois que l'on défende, au niveau de la France, l'idée qu'une politique industrielle doit pouvoir se mener à l'échelle européenne et peut-être également, comme cela a été porté notamment dans un rapport réalisé par la Fondation pour la nature et l'homme, qu'il est possible d'isoler les investissements verts du calcul du déficit public sans déroger aux traités. Des propositions ont été émises en ce sens. On pense notamment à l'outil Invest for EU, qui figurera certainement dans le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union européenne.

Le dernier point de mon intervention porte sur les financements public-privé. Nous avons noté avec plaisir le soutien de l'État, marqué notamment par le plan hydrogène et sa concrétisation. Des progrès sont réalisés tous les jours et nous espérons très vivement que les budgets pourront être abondés si les projets sont au rendez-vous, ce qui semble être le cas. Nous avons noté les objectifs de la PPE et avons conscience que le financement public seul ne pourra pas nous permettre de passer à l'échelle voulue. Nous souhaitons donc attirer votre attention sur la proposition, formulée dans le rapport de MM. Canfin et Zaouati, de création d'un outil, France Transition, répondant aux problématiques de guichet unique soulevées par Daniel Hissel et permettant de générer de l'investissement privé à partir d'une couverture du risque par la puissance publique.

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