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Intervention de Philippe Boucly

Réunion du jeudi 24 janvier 2019 à 9h30
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Philippe Boucly, président de l'Association française pour l'hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC) :

Je crois qu'il faut se garder d'opposer les énergies renouvelables, et surtout les gaz renouvelables, qu'il s'agisse du biométhane ou de l'hydrogène issu des ENR. L'étude de l'ADEME sur un gaz « 100 % renouvelable » montre trois sources possibles : la méthanisation, la pyrogazéifiation qui produit de l'hydrogène et le power-to-gas, qui produit de l'hydrogène ou du gaz de synthèse à partir d'hydrogène.

Je souhaite revenir brièvement sur la question du prix de l'hydrogène, qui est la clé. En effet, si cette solution était compétitive, elle n'aurait pas besoin de soutien. À terme, nous disposerons d'hydrogène vert ; nous préférons d'ailleurs parler d'hydrogène décarboné. Total réalise par exemple actuellement un pilote avec la société norvégienne Equinor pour faire du vaporéformage du méthane fossile, ce qui suppose une capture puis un restockage du dioxyde de carbone dans des couches profondes. Il ne s'agit pas de la solution miracle définitive, mais cela peut contribuer, dans une période de transition, à fournir les quantités nécessaires.

Il faut par ailleurs savoir que le mix électrique français est très décarboné, avec 72 grammes par kilowattheure. À moins de 180 grammes, il vaut mieux faire de l'hydrogène avec de l'électricité décarbonée plutôt que de l'obtenir par vaporéformage. J'ai bien conscience que cela peut heurter, mais nous avons en France un avantage compétitif avec de l'électricité décarbonée et je crois qu'il est important d'utiliser cet atout, tout en sachant que l'Allemagne, dont le mix se situe à 500 grammes par kilowattheure, produit pourtant de l'hydrogène.

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