Intervention de Agnès Buzyn

Séance en hémicycle du jeudi 21 mars 2019 à 21h30
Organisation et transformation du système de santé — Après l'article 7 quinquies

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé :

Je me vois contrainte de reprendre la parole, monsieur le président.

Je considère que l'on peut avoir des débats sains et pragmatiques sur le sujet. Prétendre que je n'ai pas d'ambition en ce qui concerne le tabac, monsieur Touraine, avec tout le respect que je vous dois, il faut quand même oser ! J'ai écrit un plan cancer et je me suis battue des nuits entières pour obtenir des mesures spécifiques sur le tabac. J'ai obtenu du Gouvernement et de tout l'exécutif l'autorisation d'augmenter le prix du tabac jusqu'à 10 euros, ce qui n'avait jamais été fait et ce qui révèle une ambition extrême. De plus, je l'ai fait sans que cela mette les buralistes dans la rue, parce que nous avons travaillé avec eux, ainsi qu'avec les douaniers, afin d'éviter les ventes illicites. J'ai fait en sorte que les substituts nicotiniques soient remboursés par la sécurité sociale, en remplacement du forfait d'aide au sevrage tabagique. Je trouve donc que ce n'est pas bien de votre part d'oser affirmer que je n'ai pas d'ambition sur le sujet.

Cependant, ce n'est pas une bonne mesure à mes yeux que de prévoir que le conseiller et prescripteur soit la même personne que le vendeur. Cela ne peut pas être comparé au soin d'une pathologie comme la cystite ou l'angine.

Nous avons élargi les possibilités de prescription à cinq professions de santé, et les ventes de substituts nicotiniques ont considérablement augmenté au cours de la dernière année. Regardez la dynamique de l'arrêt du tabac : l'année dernière, on a compté 1 million de fumeurs en moins ! Il me semble que la politique d'augmentation du prix du tabac contribue à une vraie prise de conscience, dans la population française, que l'on se dirige vers un arrêt du tabagisme dans notre pays. C'est dans l'air du temps. Plus personne ne remet en cause l'augmentation du prix du tabac – on ne voit personne aller protester dans la rue contre cela. Je pense que la dynamique est enclenchée et que nous n'avons pas besoin de cette mesure supplémentaire.

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