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Intervention de Cédric Philibert

Réunion du jeudi 7 mars 2019 à 11h05
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Cédric Philibert, analyste à la Renewable energy division de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) :

Je fournirai quelques éléments de réponse aux questions de M. le rapporteur au sujet de la biomasse. Je n'ai pas de chiffres à l'échelle nationale mais, à la suite d'une étude que nous avons réalisée, il y a deux ans, en vue de déterminer comment mobiliser de façon soutenable la biomasse au plan mondial, il est apparu que le volume de biomasse utilisable pouvait être doublé. Des travaux que nous avons conduits plus récemment montrent que dans un certain nombre de pays, des quantités très importantes de déchets végétaux brûlés en plein air, en pure perte, sauf pour la pollution atmosphérique, pourraient être utilisées de façon énergétique, y compris dans un pays comme la Chine dont on pouvait penser qu'il était plus en avance sur le sujet.

Nous sommes bien entendu conscients de la nécessité d'être attentifs aux bilans et au fait qu'il faut se garder d'épandre des quantités phénoménales d'engrais pour faire pousser des végétaux, alors qu'on pourrait utiliser directement l'énergie qui a servi à faire l'engrais. On entre en conflit non seulement avec la production alimentaire mais aussi avec la biodiversité. Mais il y a tout de même du potentiel, notamment dans les déchets et, comme l'a souligné l'ADEME, grâce à la deuxième génération. Quelques usines réalisent des expérimentations. Elles rencontrent parfois des difficultés, mais progressent vers la deuxième génération.

En outre, il faut cesser de regarder la biomasse comme une source d'énergie pour la considérer plutôt comme une source de carbone contenant un peu d'énergie. Ce carbone est neutre, puisque pris dans l'atmosphère, il peut y retourner sans dommage. Quand on fabrique des biocarburants ou du biogaz, on utilise un tiers ou un quart du carbone, le reste étant renvoyé dans l'atmosphère sous forme de CO2. Si on a une autre forme d'énergie, par exemple de l'hydrogène, on peut le faire réagir avec le CO2 et produire des carburants de synthèse, en volume jusqu'à quatre fois plus important qu'avec la seule énergie de la biomasse. Regardons la biomasse d'abord comme une source de carbone et secondairement comme une source d'énergie.

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