Intervention de Amélie de Montchalin

Réunion du mercredi 27 mars 2019 à 9h30
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAmélie de Montchalin :

Ce débat sur le pouvoir d'achat est légitime, mais je voudrais rappeler certains faits. Lorsque j'écoute vos interventions, j'ai l'impression qu'il a fallu que les « gilets jaunes » arrivent sur les ronds-points pour que notre majorité se préoccupe du sujet !

Or, depuis notre élection, nous ne cessons dire qu'améliorer le pouvoir d'achat ne s'invente pas ! Cela repose sur deux piliers : le soutien au travail et la baisse des impôts. Les projets de loi de finances pour 2018 et 2019 en constituent une bonne illustration : baisse des cotisations chômage et maladie pour les actifs, soutien aux heures supplémentaires – prévu mais dont le vote a été avancé. Des mesures relatives à l'intéressement, à la participation et au partage de la valeur rajoutée sont par ailleurs inscrites dans le projet de loi relatif à la croissance et à la transformation des entreprises (« PACTE »). Enfin, s'agissant des impôts, la taxe d'habitation va être supprimée en trois étapes – cela représente déjà près de 10 milliards d'impôts en moins pour 80 % des Français. Le pouvoir d'achat est donc un axe majeur de notre politique et nous continuons à y travailler.

Je suis également étonnée par vos arguments concernant l'emploi. Nous sommes tous d'accord, c'est sur le taux d'emploi que nous devons mener la bataille. Mais les statistiques montrent précisément que ce taux est au plus haut depuis 1980. La dynamique est également très bonne pour les contrats à durée indéterminés (CDI) – 49 % des contrats signés en 2018 étaient à durée indéterminée, alors qu'on tournait autour de 40 % depuis 2004. La réforme Pénicaud concernant l'organisation du marché du travail et la reprise de l'investissement des entreprises nous permettent désormais de créer des emplois à durée indéterminée et de faire remonter le taux d'emploi.

Monsieur le président – aujourd'hui rapporteur –, je ne comprends pas votre démonstration macroéconomique : nous sommes parfaitement d'accord sur la bataille à mener en faveur de l'emploi, mais je ne vois pas en quoi les réformes entreprises concernant la formation, le marché du travail, l'apprentissage, le soutien à l'investissement, la réduction des seuils et toutes les mesures du projet de loi « PACTE » vont à l'encontre de cet objectif. Au contraire !

Ce taux d'emploi, au plus haut depuis 1980 et la reprise de la signature des CDI sont de bons signes pour notre pays. Ils montrent que les Français qui travaillent ont plus de visibilité sur leur avenir et, en général, un salaire supérieur à celui qui était le leur quand ils accumulaient des contrats à durée déterminée ou d'intérim. Votre proposition de loi comporte beaucoup d'angles morts et d'oublis, nous présentant comme totalement décalés de la préoccupation des Français. Bien sûr, il y a bien plus à faire, mais on ne peut balayer ainsi les efforts accomplis depuis près de vingt mois.

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