Intervention de Fiona Lazaar

Séance en hémicycle du mercredi 3 avril 2019 à 15h00
Débat sur la démocratie et la citoyenneté

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFiona Lazaar :

Dans les réunions publiques, dans les cahiers disposés en mairie, dans les contributions écrites, vous ne trouverez pas un appel à moins de République. Non, vous entendrez l'exigence de plus de République, de plus de démocratie, de plus de citoyenneté, et de plus d'exemplarité dans la pratique de nos institutions.

Nos concitoyens ont exprimé une volonté irrépressible d'être mieux écoutés, mieux représentés et davantage associés à la prise de décision politique. Je pense notamment à la jeunesse de notre pays, qui s'est mobilisée avec force ces dernières semaines : il faut imaginer des espaces d'expression qui lui correspondent et lui permettent de participer pleinement à la vie démocratique.

Il est important, aujourd'hui, de mettre sur la table des constats justes, qui restituent fidèlement la parole des Français et nous permettent de définir les orientations d'une action nouvelle à même de répondre à ces enjeux.

Sur le volet relatif à la démocratie et à la citoyenneté, les Français nous ont dit beaucoup. Nous sommes confrontés à deux phénomènes : une crise de la représentation politique et une crise de l'action publique.

Des citoyens expriment de la défiance envers les élus, jugés « tous pourris », envers les élites, jugées spoliatrices, ou encore envers les plus vulnérables, soupçonnés de profiter des aides sociales. Cette situation délétère ne devrait satisfaire personne. Elle se nourrit pourtant toujours des stratégies cyniques de ceux qui pointent du doigt des ennemis fantasmés – les riches, les patrons, les migrants, les élus ou les bénéficiaires des minima sociaux – , dans le seul et unique but de faire prospérer leur petit commerce politique.

Plus que jamais, notre pays doit être uni, et uni dans sa diversité. Il est temps de refaire France. Être citoyen Français n'est pas qu'un statut juridique, un papier administratif sur lequel est inscrite la citoyenneté française. Alors que certains voudraient aujourd'hui opposer des « Français de souche » et des « Français de papier », je tiens à dire qu'être citoyen, c'est d'abord et avant tout partager des valeurs. C'est un attachement viscéral à la liberté, à l'égalité, à la fraternité. C'est la volonté de vivre ensemble. Certains naissent citoyens, d'autres le deviennent pour embrasser notre destin commun et y contribuer. Nous bâtissons collectivement une société qui nous ressemble et nous rassemble – à travers le vote, mais pas seulement : la citoyenneté est un plébiscite de tous les jours. Il est grand temps de refaire France.

Nos concitoyens ont aussi exprimé leurs doutes sur la capacité des pouvoirs publics à répondre à leurs difficultés concrètes. Je me souviens qu'à la fin des années 1990, un Premier ministre confessait que l'État ne pouvait pas tout. Aujourd'hui, certains de nos concitoyens ont fini par croire que l'État ne pouvait plus rien. Trop souvent, par le passé, les Français ont eu le sentiment que la parole politique était artificielle. Des promesses en l'air ont affaibli notre démocratie, alors que des engagements tenus étaient passés sous silence. Toutes et tous, tirons-en les leçons dès à présent en commençant par éviter de transformer ce grand débat en concours Lépine des promesses démagogiques et des fausses bonnes idées.

1 commentaire :

Le 09/04/2019 à 20:12, Laïc1 a dit :

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" je tiens à dire qu'être citoyen, c'est d'abord et avant tout partager des valeurs. C'est un attachement viscéral à la liberté, à l'égalité, à la fraternité. C'est la volonté de vivre ensemble"

Etre citoyen, c'est participer aux référendums, le reste n'est que baratin à l'usage des journaux.Et s'il n'y a pas de référendum, il n'y a pas de citoyenneté.

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