Intervention de Jean-Louis Masson

Séance en hémicycle du mercredi 3 avril 2019 à 15h00
Débat sur la démocratie et la citoyenneté

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Louis Masson :

Sur la laïcité, nous nous opposons à toute modification de la loi de 1905. Cet exemple suffit pour comprendre les raisons de la défiance des Français envers le Président. Nous n'y avons vu qu'hésitations, esquives et hypocrisies. Pourtant le candidat Macron avait été clair : pas de changement sur la loi de 1905. Aujourd'hui, la confusion prospère.

Nous devons rester sourds aux arguments de boutiquier sur le thème des ajustements. Regardez comme de simples ajustements tels que le quinquennat ont déstabilisé l'équilibre institutionnel de notre constitution.

L'air du temps ne constitue pas davantage un argument recevable. Qui songerait à dépoussiérer la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen parce que ce texte a 230 ans ? Or la loi de 1905 puise son inspiration dans le même esprit. Elle fait partie des textes marqués du sceau du génie français à portée universelle et intemporelle. En réalité, c'est plus qu'une loi, elle constitue un socle de cohésion nationale. La loi de 1905 est un texte équilibré. Y règne une volonté de pacification et d'apaisement, objectif atteint jusqu'aux premiers signes de renoncement.

À défaut de volonté politique, au lieu de soumettre la situation à la loi, la loi se pliera à la situation, faisant ployer l'intérêt général face à une minorité activiste : bien mauvaise manière faite à la République. Changer la loi de 1905 serait pour le Président Macron reconnaître l'indigence de son diagnostic de candidat, la faiblesse de sa détermination républicaine et, bien entendu, avouer avoir trompé le pays.

Pour conclure, qu'il me soit permis d'apprécier que l'Assemblée nationale s'empare à son tour du grand débat en complément des débats citoyens. Je déplore néanmoins que ce débat ne se conclue pas par un vote. Je suis surpris qu'un budget rectificatif ne soit pas à l'ordre du jour. J'ai l'impression que ce débat s'éternise sans fin, que le fil s'étire inlassablement comme pour repousser sans cesse le moment, peut-être déceptif, de la décision. L'affaire Benalla d'abord, les gilets jaunes ensuite avec ce grand débat ont mis depuis dix mois la France sur « pause » ; il est temps que cela cesse.

1 commentaire :

Le 09/04/2019 à 21:21, Laïc1 a dit :

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" faisant ployer l'intérêt général face à une minorité activiste"

c'est déjà le cas : pas de voiles dans les écoles du fait de minorités activistes politiques athées qui n'ont rien compris à la laïcité, (ils sont aveuglés par leur fanatisme idéologique, pauvres bêtes...) et pas de menu unique dans les cantines, du fait des minorités activistes islamiques.

Voilà la France laïque d'aujourd'hui : beurkkk

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