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Intervention de Catherine Trautmann

Réunion du jeudi 21 mars 2019 à 9h30
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Catherine Trautmann, vice-présidente de l'Eurométropole de Strasbourg :

Monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames les députées, merci de nous accueillir ce matin. Nous sommes en pleine période chaude sur la question de la géothermie, puisque nous avons saisi avant-hier le ministre de la transition écologique et solidaire, M. de Rugy, au côté de l'organisation France urbaine, du sujet que je vais présenter à l'Assemblée nationale à travers vous, lequel ne concerne pas seulement un territoire ou une région, même si nous sommes les plus avancés dans cette technologie d'énergie renouvelable.

L'Eurométropole de Strasbourg a décidé, en septembre 2017, de se doter d'un schéma directeur des énergies pour atteindre l'objectif ambitieux d'un fonctionnement à 100 % en énergies renouvelables et de récupération en 2050. Nous avons pour ce faire déterminé les énergies renouvelables prioritaires. La première est la géothermie profonde. L'éolien n'est pas envisageable, faute de vent dans la vallée rhénane. Nous transportons, à partir du port de Strasbourg, les éoliennes fabriquées à côté de chez nous, mais nous nous contentons de les voir passer. Concernant les énergies de récupération, à partir d'une expérience de plus de trente ans du partage de la chaleur produite par notre usine d'incinération, nous avons aujourd'hui un projet de partage de chaleur avec une aciérie dans le port allemand voisin de Kehl. Quant à l'énergie solaire, nous partons de très loin puisque nous ne l'avions pas jusqu'à présent privilégiée, mais pour atteindre notre objectif, nous devons prévoir un mix énergétique favorable. C'est pourquoi nous souhaitons développer l'ensemble de ces procédés.

Nous avons considéré que nous devions d'abord adopter un comportement et une consommation sobres par une baisse drastique, de 67 %, des consommations d'énergie. C'est beaucoup. Cela peut être obtenu par un travail sur l'habitat, le transport et l'industrie et cela passe par une transition vers les modes de production d'énergie renouvelable.

Avec le soutien de l'ADEME, nous avons mis en service une centrale biomasse sur le territoire portuaire.

L'hydroélectricité est aujourd'hui notre première source d'énergie renouvelable, mais elle est fragilisée par les basses eaux du Rhin.

Nous développons massivement le solaire, au travers des panneaux photovoltaïques. Nous avons déjà réalisé une expérimentation de solaire lacustre et créé un cadastre solaire en vue d'optimiser le niveau d'ensoleillement. Une manifestation permettra prochainement au public d'exprimer des choix et de s'associer à la démarche.

Je citerai enfin la géothermie profonde, qu'il ne faut pas confondre avec la géothermie sur nappe pratiquée à Paris. La nôtre descend de 3 000 à 5 300 mètres, pour un des puits, à l'emplacement de notre ancienne raffinerie, et donne accès à des eaux de 150 à 200 degrés. Cette eau extrêmement chaude est chargée en lithium. Nous avons deux puits en cours de construction. Avec ces quatre puits, nous pourrions fournir la quasi-totalité des besoins nationaux en lithium. Cela montre qu'une énergie renouvelable peut apporter une valeur ajoutée stratégique, au moment où nous avons besoin de ce produit rare, nécessaire à nos technologies.

À titre d'exemple, le projet d'Illkirch-Graffenstaden, commune importante du sud de l'agglomération, mené par Électricité de Strasbourg, pourrait produire 28 000 MWh de chaleur et 22 000 MWh d'électricité par an et éviter l'émission dans l'atmosphère de 11 000 tonnes de CO2, ce qui est un résultat tout à fait optimal. Le bureau d'études islandais Verkis, qui nous conseille, estime que le développement des projets de géothermie devrait nous permettre de couvrir jusqu'à 35 % des besoins de chaleur en 2050.

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