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Intervention de Catherine Trautmann

Réunion du jeudi 21 mars 2019 à 9h30
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Catherine Trautmann, vice-présidente de l'Eurométropole de Strasbourg :

Comme nous sommes en phase de construction et que les 246 euros le MWh sont un prix d'objectif, calculé en fonction d'une récupération sur huit ans, il faut, pour changer le prix, modifier tous les paramètres. C'est un prix pour l'électricité, mais si on veut plus de chaleur, tout bouge. Aujourd'hui, nous pensons que nous sommes aux alentours de 150 euros, mais je ne peux vous donner de prix précis aujourd'hui. Cela étant, nous sommes préoccupés par l'homogénéisation des tarifs pour les concessionnaires, les industriels et les habitants. Les prix peuvent varier en fonction des prix de la biomasse ou de la chaleur récupérée. La géothermie est chère à cause du processus industriel. Elle est présente dans le sous-sol, mais les coûts d'exploitation et d'investissement sont beaucoup plus élevés que pour d'autres sources d'énergie.

Nous souhaitons qu'on se mette autour de la table. L'intérêt de la France, c'est d'avoir un modèle économique viable, puisque d'autres régions, comme l'Aquitaine et le centre de la France, sont intéressées, sans négliger la capacité d'exportation de notre expertise. Il importe donc de maintenir la dimension recherche et la dimension production. Même si certaines technologies sont matures, toutes les questions que vous nous avez posées supposent encore, dans l'exploitation et le fonctionnement industriel, une part d'évaluation économique et de recherche. Il faut assortir la phase de transition d'un accompagnement de la recherche.

Le risque industriel existe. Nous l'avons vécu comme un choc lorsqu'il y a eu des grèves, donc un risque social, dans notre usine d'incinération. Un certain nombre d'entreprises qui utilisaient en vapeur environ 10 % de la ressource à un prix très bas, en fonction d'un accord ancien, ont souffert. Après en avoir discuté, nous avons décidé que le schéma énergétique devrait comprendre les processus de sécurisation. Ce n'est pas fait du tout, nous sommes en cours de discussion. Nous étudions aussi la récupération d'énergies fatales d'un certain nombre d'industries du port autonome de Strasbourg. C'est un risque pour les industriels qui intègrent un processus vertueux d'utilisation d'énergie fatale, mais c'est aussi un risque pour nous au regard de la fourniture qui peut tout à coup s'interrompre. Quand on atteint des niveaux aussi élevés que ceux que j'évoquais, c'est important.

Par ailleurs, une source d'énergie renouvelable comme un puits de géothermie n'est pas éternelle. L'arrivée de l'eau dans les veines du sous-sol finit par se tarir. Il faut aussi, et c'est un élément important dont on parle peu, intégrer les processus de renouvellement du procédé industriel et de la ressource. Nous le constatons sur le Rhin : si on n'a plus d'eau, on n'arrivera pas à la renouveler, ce qui provoquera des difficultés pour la nappe phréatique et la production d'hydroélectricité. Alors qu'on pensait avec l'hydroélectricité être tranquilles pour toujours, le réchauffement climatique induit d'autres problèmes.

On est en train de se rendre compte qu'il ne faut pas, dans le mix énergétique, pousser trop loin la biomasse pour garantir un bon équilibre carbone. C'est un calcul à intégrer dans la recherche de l'homogénéité du coût, parce que le consommateur voudra un prix, quelle que soit l'origine ou la source.

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