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Intervention de Jean-François Carenco

Réunion du jeudi 21 mars 2019 à 11h00
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) :

Aujourd'hui les engagements de la nation pris pour les trente ans qui viennent varient, suivant que l'on estime le prix du marché à 42 euros ou à 60 euros le MWh, entre 100 et 130 milliards d'euros. On ne peut pas échapper à cette donnée.

Tout est intéressant, mais les réseaux doivent obéir à un minimum de rationalité économique pour les réseaux, c'est-à-dire dépenser moins et produire moins d'agressions environnementales. Cela s'appelle la flexibilité, mot qui n'a pas été employé ce matin. La flexibilité par le stockage, les interconnexions, le stockage interne sur les réseaux est une donnée essentielle qu'on ne prend pas encore suffisamment en compte. Tous les moyens de productions sont bons, mais certains ne trouvent pas leur modèle économique. J'ai le souvenir d'un haut responsable d'un groupe de production par éoliennes, qui m'avait dit : nous serons entre 100 et 150 euros le MWh d'ici dix ans. Je l'avais invité à ne rien faire. Les réseaux doivent donner de la flexibilité mais ils ne peuvent permettre tout.

Quant à l'hydrogène, il n'a pas de modèle économique, sauf l'hydrogène fatal, dans des conditions particulières. La Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA), en Martinique, qui dispose d'hydrogène fatal dans une raffinerie a annoncé son intention de s'en servir pour produire de l'électricité. On n'a pas besoin de produire plus d'électricité en Martinique, puisqu'il y a surcapacité dans tous les outre-mer, mais on en fait quand même, pour l'innovation. J'ai dit au dirigeant de la SARA : donnez-la nous puisqu'elle ne vaut rien. Il m'a répondu : non, je vais la vendre. Le sujet est le même pour les ordures ménagères et le gaz. On doit maintenant s'attacher à la valorisation de ce qui était auparavant res nullius, comme l'hydrogène fatal ou les ordures ménagères.

Monsieur Bolo, j'ai la réputation d'être hostile à l'autoconsommation et d'être un vieux jacobin. Mais, en matière de production d'énergie, je considère que nous devons nous entraider pour créer de la richesse dans les territoires à leur profit, au-delà des problèmes juridico-juridictionnels ou judiciaires. La présidente du conseil régional d'Occitanie, Carole Delga, « met le paquet » sur tel ou tel schéma d'énergie en vue de créer de la richesse.

Par ailleurs, comment aider, à des échelles plus petites, l'échange et l'innovation ? Il y a des innovations intéressantes comme les smart grids, dont Philippe Monloubou est un spécialiste. Concernant la production du gaz vert, une planification est nécessaire pour la création des réseaux et ne pas installer n'importe quoi n'importe où. Mais il faut veiller à ne pas couper la France en vingt-huit territoires…

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