Intervention de Raphaël Gérard

Séance en hémicycle du mercredi 10 avril 2019 à 15h00
Questions au gouvernement — Lutte contre l'homophobie dans le sport

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaRaphaël Gérard :

Madame la ministre des sports, l'homophobie n'a droit de cité nulle part en République et les dispositions du code pénal en la matière sont très claires : toute incitation à la haine ou à la violence fondée sur l'orientation sexuelle peut être réprimée d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Pourtant, certains voudraient relativiser la gravité des chants homophobes proférés dans les stades de foot en l'associant à une forme de folklore. Mais qui oserait parler de folklore lorsque des footballeurs noirs sont accueillis par des cris de singe émanant des tribunes ?

Il est vrai que l'homophobie ordinaire continue d'imprégner le langage courant, a fortiori dans le monde du sport, qui valorise la culture masculine et où « pédé » est une insulte fréquemment utilisée pour humilier l'adversaire en l'assimilant à une forme de sous-homme qui serait homosexuel.

Mais rien ne légitime jamais l'homophobie et nous devons être intransigeants face à la banalisation de tous les discours de haine, sans jamais les hiérarchiser ni en relativiser la portée. En effet, les chants homophobes et les blagues potaches de vestiaires s'inscrivent toujours dans ce continuum de violences qui va de l'injure aux agressions physiques.

À l'heure où l'on comptabilise encore une agression homophobe toutes les 33 heures et où certains jeunes LGBT – lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenre – , continuent à se faire dispenser des cours d'éducation physique et sportive, de crainte d'être harcelés dans les douches et les vestiaires des gymnases, je tiens donc à saluer votre prise de position courageuse et sans équivoque en matière de condamnation des chants homophobes dans les stades.

Elle s'inscrit dans la continuité des actions menées par votre ministère pour faire du sport un espace fédérateur et inclusif. L'an passé, le lancement de la campagne #ExAequo a permis de prendre à bras-le-corps cette bataille culturelle en sensibilisant le grand public et les acteurs du monde sportif.

1 commentaire :

Le 12/04/2019 à 18:18, Laïc1 a dit :

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Et la discrimination contre les HPI, qui sont niés par des professeurs ou instituteurs haineux, appuyés en cela par un pouvoir politique qui prône l'égalité de tous les élèves et donc la négation des surdoués, afin de les fondre dans la masse , n'est-ce pas cela qu'il faut condamner en priorité ?

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