Intervention de François Ruffin

Séance en hémicycle du jeudi 11 avril 2019 à 9h30
Croissance et transformation des entreprises — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Ruffin :

Et je reste poli – je fais un effort pour rester poli…

C'était lundi, au Grand Palais, pour la grand-messe de votre grand débat. Frank Escoubes entamait ainsi sa restitution : « On voit émerger un premier consensus… » J'insiste : votre restituteur lui-même parle d'un consensus, et il l'a placé en premier. Quel est-il ? « On voit émerger un premier consensus autour de l'idée d'un État qui est acteur de l'économie, qui est rappelé aux commandes, avec la proposition de renationaliser les services essentiels et les infrastructures publiques. »

C'était il y a trois jours, donc. Une vraie cérémonie. La moitié des ministres étaient présents, alignés en rang d'oignons, la mine grave, l'air recueilli. Car l'heure était solennelle. On allait enfin comprendre ce peuple mystérieux. Vos garants ouvraient le ventre des contributions numériques, tout comme les prêtres, chez les Romains, le faisaient avec leurs oies. « Les dieux ont parlé », annonçaient les augures. « Le peuple a parlé », nous annoncent vos garants. Et quel message délivrent ces entrailles ? Je répète, car il faut répéter sans cesse pour que cela rentre dans vos têtes : « On voit émerger un premier consensus autour de l'idée d'un État qui est acteur de l'économie, qui est rappelé aux commandes, avec la proposition de renationaliser les services essentiels et les infrastructures publiques. »

Pour ce grand débat national, vous avez dépensé 12 millions d'euros, trois fois plus que les 4 millions prévus au début.

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