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Intervention de Olivier Métais

Réunion du jeudi 4 avril 2019 à 9h15
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Olivier Métais, président de la Société hydrotechnique de France (SHF), professeur des universités à l'Institut polytechnique de Grenoble :

Je vous remercie d'avoir relevé le fait que l'hydroélectricité n'est pas une science mature. Pour réagir à ce qu'a dit madame Penalba, la science n'est effectivement pas uniquement importante dans les aspects technologiques, mais aussi du point de vue de la biodiversité et de la continuité écologique. Il faut donc beaucoup d'innovations dans ce domaine.

Ces dernières années, ni l'hydroélectricité ni, d'ailleurs, l'énergie hydraulique n'ont jamais tenu une place centrale dans les appels d'offres en recherche. Or il faut qu'elles retrouvent cette place centrale. Dans le dernier congrès qu'on a organisé à Grenoble, un commissaire européen nous a fait comprendre qu'en gros, l'hydraulique n'était « pas sexy ». Peut-être faut-il y remédier, mais il y a surtout besoin, dans l'énergie renouvelable, d'innovations dans tous les domaines et d'interfaçage entre les agents et entre les disciplines. Cet interfaçage ne joue pas forcément un rôle en lui-même, mais il joue un rôle en relation avec les autres énergies renouvelables.

Pourquoi des organismes comme l'ADEME ne placent-ils jamais l'hydraulique au centre de leurs recherches et de leurs appels d'offres ? Y a-t-il moyen d'améliorer les choses à ce niveau-là ? L'Europe ne propose pas de programme centré sur l'hydraulique et l'hydroélectricité, toujours envisagés non certes comme roue de secours, mais tout de même seulement comme moyen de stockage. Je serais donc heureux que l'hydraulique trouve ou retrouve une place centrale sur le plan scientifique.

J'appelle aussi à la revalorisation de l'avis scientifique dans les conflits. Car je pense que, dans des situations tendues, lorsqu'il y a des blocages sur des aménagements, il faut revaloriser l'avis scientifique, fondé sur une expertise neutre qui repose sur des arguments qui ne soient ni passionnels ni dogmatiques.

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