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Intervention de Éric Coquerel

Séance en hémicycle du jeudi 13 juin 2019 à 9h30
Mobilités — Article 1er a (précédemment réservé)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Coquerel :

J'entends avec plaisir Mme la ministre et Mme la rapporteure reconnaître que nous avons raison. Toutefois, je ne comprends pas pourquoi nous ne pourrions pas adopter ce simple amendement de principe visant à insérer les mots « notamment le train de nuit y compris pour les liaisons intraeuropéennes ». Nous ne vous proposons pas de valider dès maintenant les propositions et les objectifs chiffrés du collectif « Oui au train de nuit ! », dont j'ai parlé tout à l'heure, mais au moins d'afficher une volonté. Le moment est bien choisi puisque nous sommes en train de parler de mobilité : je ne vois pas pourquoi nous nous en priverions.

Vous parlez de dysfonctionnements, mais ceux-ci sont la conséquence de l'abandon des trains de nuit. Quand nous parlons de relancer ce service, ce n'est pas dans les conditions que l'on a pu connaître au cours des dernières années : des trains inconfortables, souvent en retard, etc. L'objectif est de « remettre le paquet » dans ce domaine, pour les raisons que j'ai indiquées tout à l'heure : non seulement c'est écologiquement responsable, mais cela peut même être rentable, comme l'Autriche et la Suède l'ont démontré.

Par ailleurs, si j'ai bien compris la réponse, tout cela dépendra un peu du marché et de la volonté de certains acteurs d'investir ou pas. Cela montre bien que la question ferroviaire ne devrait pas être soumise au marché : c'est une question d'intérêt général. Il est donc important que l'État puisse demander à un opérateur public d'investir – avec son aide, évidemment – lorsqu'il l'estime nécessaire pour l'aménagement du territoire ou pour des raisons écologiques. Il ne faut pas s'en remettre au marché, dont la décision d'investir se fait parfois en fonction de critères étonnants, par exemple quand la SNCF décide de développer le « tout-TGV » plutôt que de s'en tenir à des solutions plus raisonnables et plus utiles.

Vous avez également évoqué le chiffre de 30 millions : c'est largement insuffisant ! Cela servirait tout juste à préserver l'existant. Nous proposons de développer ces lignes – quinze lignes nationales et quinze lignes internationales – pour un montant estimé à 1,5 milliard d'euros par l'association dont j'ai parlé. Cette somme pourrait être rapidement rentabilisée : en effet, si les voyageurs ont fini par délaisser ce mode de transport, c'est parce que celui-ci a été progressivement abandonné par la SNCF. Nous vous demandons donc de prendre en considération l'amendement que nous vous proposons : il ne vous engage pas dans le détail mais, puisque tout le monde a l'air d'accord sur le principe, il serait bon que l'Assemblée adopte au moins une ligne directrice.

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