⚠️ Attention : du fait de profonds changements sur le site de l'Assemblée, les compte-rendus des commission
ne peuvent plus être intégrés depuis avril 2020. Notre équipe de bénévoles travaille à trouver des palliatifs à cette situation.
Par ailleurs depuis la pandémie, l'Assemblée ne publie plus les présences aux réunions de commissions.

Intervention de Jean-Philippe Nilor

Réunion du mardi 4 juin 2019 à 17h00
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Philippe Nilor :

Mes collègues ont regretté la sous-exécution de ce budget. Pour ma part, je suis plus défaitiste et je me dis que même s'il avait été exécuté de manière optimale, il n'aurait pas empêché l'aggravation de la situation dans nos territoires.

Liberté, égalité, fraternité : c'est au nom de ce principe que le 1er janvier 1996, le SMIC outre-mer, après un long et pénible processus, a enfin atteint le niveau du SMIC français. C'était il y a vingt-deux ans seulement.

Rappelons que le SMIC a pour objectif de garantir un minimum de pouvoir d'achat aux salariés dont les revenus sont les plus bas, et, dans le même temps, les prix sont plus élevés dans les outre-mer. L'association Familles rurales a publié une étude au mois d'avril 2019 qui montre que le panier de la ménagère à la Martinique, à La Réunion et à Mayotte est en moyenne supérieur de 66 % à celui de l'Hexagone. Chez nous, tout est plus cher : les tarifs bancaires et postaux, les coûts de transport, les pièces détachées pour automobiles, les soins médicaux, etc. S'agissant d'internet et de la téléphonie mobile, on paie plus cher des prestations qui sont moindres et le prix semble être inversement proportionnel au débit proposé. C'est une aberration économique.

En vérité, cela fait vingt-deux ans que le revenu minimum outre-mer rate totalement son objectif de garantir un quelconque pouvoir d'achat, notamment pour nos jeunes. Le SMIC et la réalité du coût de la vie sont si déconnectés l'un de l'autre que cela favorise le travail illégal. Nos jeunes sont arrivés à la conclusion que le travail ne permet pas de vivre décemment et ils se disent de plus en plus qu'ils n'ont d'autre avenir que le trafic de drogue ou d'armes.

Le mouvement des « gilets jaunes » en France a ouvert les yeux sur les difficultés. Madame la ministre, nous avons un certain nombre de propositions concrètes à faire – il ne s'agit pas de se lamenter sur une situation fût-elle désespérée. Parmi celles-ci, citons le relèvement des minima sociaux, le relèvement du SMIC outre-mer pour compenser la vie chère et l'instauration d'une zone franche totale pour les activités de production et de transformation. Êtes-vous prête à discuter concrètement de toutes ces propositions ?

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion