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Intervention de Fabrice Le Vigoureux

Séance en hémicycle du jeudi 11 juillet 2019 à 9h30
Débat d'orientation des finances publiques pour 2020

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFabrice Le Vigoureux :

Nous pouvons aborder ce débat d'orientation des finances publiques dans deux états d'esprit différents.

Le premier consiste à invoquer un âge d'or budgétaire qui, de facto, n'a jamais véritablement existé. Même les plus expérimentés sur ces bancs n'ont pas connu de période marquée par un réel équilibre de nos finances publiques. Il y a deux cent trente ans, jour pour jour, le 11 juillet 1789, Louis XVI renvoyait Necker, son ministre des finances. Chacun connaît la suite, elle n'est pas très heureuse.

Le second revient à examiner nos comptes publics, non pour y verser des larmes de crocodile, mais à la lumière des besoins exprimés par les Français. En effet, tout comme l'on ne subit pas un examen radiographique pour le plaisir de regarder les photos, on ne discute pas de budget pour celui d'aligner les chiffres. Les budgets sont des textes éminemment politiques, pas seulement parce qu'ils sont amendés, discutés et votés par la représentation nationale, mais parce qu'en intégrant le poids de l'héritage – près d'une année de richesse nationale de dette publique – , ces textes affirment des choix et tracent des perspectives d'avenir pour notre pays et nos territoires.

Les perspectives d'avenir concernent en particulier notre jeunesse, laquelle peine parfois à trouver sa place dans un monde sans grille de lecture figée et nous presse, à raison, de mettre toutes les politiques publiques au service de l'urgence écologique. C'est pourquoi il est cohérent de rendre nos choix budgétaires plus lisibles et de mieux mesurer leur impact en matière de transition écologique – comme l'a exprimé tout à l'heure notre collègue Bénédicte Peyrol qui réclamait l'édition d'un véritable « budget vert » permettant de passer en revue les dépenses de l'État et d'évaluer leur conformité avec les dispositions de l'accord de Paris.

Beaucoup de nos jeunes se sont abstenus lors des derniers scrutins ou se sont tournés vers les candidats de la protestation, de l'extrémisme et de la table rase, notamment vers cette extrême droite dont on peine encore à lire les orientations économiques et qui n'a rien à proposer à la jeunesse, ni pour la fin du mois, ni pour la fin du monde.

Depuis deux ans, nous avons décidé de déployer, dans tout le territoire national, une véritable stratégie destinée à faire réussir nos jeunes et à lutter contre les assignations à résidence. Cette politique de fond, graduelle et massive, donne déjà des résultats tangibles, partout en France.

Ainsi, à Béziers – au hasard – , des dizaines de classes de CP et CE1 ont été dédoublées depuis la rentrée scolaire 2017, ce qui permet à de nombreux enfants de mieux apprendre. Les premières évaluations du dispositif, rendues publiques début 2019, révèlent le potentiel de ces mesures. Toujours à Béziers, et dans une dizaine d'autres départements – avant la généralisation du dispositif début 2020 – , tous les jeunes âgés de 18 ans ont droit au Pass Culture, d'un montant de 500 euros, qui leur permet d'accéder à des activités artistiques et culturelles,

À Fréjus – toujours au hasard – , 9 000 locaux sont aujourd'hui raccordés au très haut débit, contre un peu plus de 1 000 en 2017, soit neuf fois plus. Cela semble anodin mais l'accès au très haut débit permet de créer son activité, de suivre des cours en ligne, de développer la télémédecine, de s'inscrire sur Parcoursup, voire, pour les plus motivés, de suivre ce débat en direct.

À Hénin-Beaumont – encore au hasard – , plus de 7 500 foyers fiscaux ne paieront plus de taxe d'habitation à l'horizon 2020 – soit une économie d'environ 700 euros par an. Les jeunes sont loin d'être les seuls bénéficiaires de cette mesure puisque de nombreuses familles profiteront de la disparition de cet impôt injuste.

Le ministre Gérald Darmanin l'a rappelé : en cumulé, les impôts pesant sur les ménages auront baissé de 27 milliards d'ici la fin du quinquennat. Ce montant considérable pourrait presque faire passer le Normand que je suis pour un Marseillais, mais la baisse enfin amorcée des prélèvements obligatoires et qui s'accentuera significativement en 2020 montre que c'est déjà une réalité.

Les discussions budgétaires, qui peuvent sembler ésotériques à beaucoup de nos concitoyens, ont permis de transformer et de consolider notre économie tout en améliorant le pilotage de nos comptes publics.

La majorité et le Gouvernement ont pour ambition de mener une politique du concret. Nous préférerons toujours le coup de pouce au coup d'éclat. Je ne crois pas beaucoup m'avancer en affirmant que cette ambition sera également celle des équipes municipales qui se constituent. L'avenir de nos villes, de nos villages, s'écrit aussi dans ce budget.

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