Intervention de Caroline Janvier

Réunion du jeudi 11 juillet 2019 à 9h25
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCaroline Janvier, rapporteure :

Madame la Présidente, mes chers collègues. Notre réunion d'aujourd'hui s'inscrit en plein dans l'actualité puisqu'hier le Conseil des Ministres a adopté le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, qui porte certaines des mesures nationales qui visent à traduire dans les faits la Stratégie européenne sur les plastiques qui est l'objet de notre rapport. Nous ne pouvions pas mieux tomber.

« À la fois fantastique et problématique » : voilà comment nos interlocuteurs danois ont introduit le sujet des matières plastiques lors de notre premier déplacement dans le cadre de ce rapport. À tout le moins, ces matières sont omniprésentes dans nos économies et dans notre vie quotidienne. Elles sont légères, résistent aux chocs et aux variations de température. Elles sont faciles à mettre en oeuvre et, de surcroît, bon marché. En conséquence leur production a explosé depuis les années 1960, au point aujourd'hui de dépasser celle des autres matériaux. Avec 359 millions de tonnes mises sur le marché en 2018, la production mondiale a plus que triplé depuis 1990, et suit une courbe exponentielle depuis les années 1960.

Or près de la moitié des plastiques produits sont transformés en objets ayant une durée de vie inférieure à trois ans. Plus de 75 % de l'ensemble du plastique déjà produit est aujourd'hui un déchet. Nous parlons ici de milliers de tonnes, visibles (ce sont les déchets qui s'accumulent sur nos plages, au fond des fosses marines comme au sommet des montagnes) ou invisibles (les mêmes, finalement réduits à l'état de particules sous l'action du temps, ou bien les microplastiques issus du lavage de nos vêtements en fibres synthétiques ou ceux rajoutés intentionnellement dans certains produits).

En 2016, selon le Fonds mondial pour la nature, nous avons collectivement généré près de 310 millions de tonnes de déchets plastiques, soit l'équivalent de plus de 2 200 bouteilles d'eau en plastique pour chaque humain sur Terre. Or seuls 63 % de ces déchets plastiques ont été collectés dans un système de traitement des déchets adéquat. Le reste (près de 100 millions de tonnes chaque année) – entre dans la nature et pollue les terres, les rivières, les mers et océans, et donc nous, par répercussion. Aujourd'hui, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement classe la pollution par les déchets plastiques parmi les « plus grands fléaux environnementaux de notre temps ».

De notre point de vue, nous sommes ici en présence d'une crise systémique : il n'est ni souhaitable ni même tout simplement possible de continuer à agir comme nous l'avons fait depuis l'invention de ces matériaux.

Les produits pétrochimiques deviennent rapidement le principal moteur de la consommation mondiale de pétrole. Ils compteront pour plus du tiers de la croissance de la demande en 2030 et près de la moitié jusqu'en 2050, devant le transport routier, l'aviation et la navigation. Nos efforts pour passer à des carburants non fossiles et éviter ainsi des émissions de CO2 en perdront une bonne partie de leur sens.

1 commentaire :

Le 16/07/2019 à 14:41, Stéphanie DANO (Enseignante) a dit :

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Bonjour Madame La Députée,

J'achète des bouteilles de lait bio avec un emballage non recyclable (en PET), parce que très peu de marques proposent des emballages recyclables. Je souhaiterai savoir quelles actions ont été menées par l'Assemblée Nationale pour demander au secteur de la Grande Distribution de revenir à des emballages recyclables comme c'est le cas pour une minorité de références, et comme c'était le cas dans les années 90.

Merci pour vos réponses

Sincères salutations

Mme Dano

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