Intervention de Christophe Bouillon

Séance en hémicycle du jeudi 12 septembre 2019 à 9h00
Mobilités — Article 1er a

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaChristophe Bouillon :

Je profite de la présence de sa présidente pour demander que la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire auditionne M. Philizot une fois qu'il aura remis son rapport. Chacun, du reste, en première lecture, avait émis le même souhait et je me souviens que le député Jean-Baptiste Djebbari avait insisté pour que nous disposions des informations indispensables pour analyser ligne par ligne le niveau d'investissement nécessaire à leur pérennité – c'était aussi le sens du rapport Spinetta.

J'ai remarqué que, dans de nombreuses régions, les horaires des petites lignes avaient été modifiés. J'ignore comment a procédé le préfet Philizot, si son travail a consisté à évaluer le niveau d'investissement nécessaire pour éviter que l'état des voies ou de la signalisation n'impose des ralentissements, s'il a établi un état des lieux du trafic. Reste que, tous les jours, à l'occasion des mouvements pendulaires domicile-travail, des salariés utilisent ces lignes comme solution alternative à la voiture, quand ils habitent des territoires périphériques aux grandes métropoles. Or on nous signale que des modifications d'horaires contrarient la volonté de ces salariés d'emprunter ces lignes. J'ai à l'esprit un exemple très précis, dans mon département, dans la périphérie de l'agglomération de Rouen : la région a modifié des horaires à Motteville, à Saint-Martin – notre collègue Wulfranc pourrait vous citer des exemples similaires.

D'une certaine manière, il y a maldonne. Si nous profitons de cet indispensable travail de prospective, que vous avez souhaité – et l'on peut faire confiance au préfet Philizot, qui maîtrise parfaitement le sujet et a dû remplir sa tâche avec la rigueur qu'on lui connaît – , dans le même temps, les salariés constatent qu'il leur est de plus en plus difficile d'utiliser ces lignes parce que le cadencement n'est plus le même. Ainsi un salarié m'a-t-il confié que la suppression d'un train le contraint à partir de chez lui avant six heures, alors qu'il n'habite qu'à quelques kilomètres de son lieu de travail.

On me répondra que cette question relève de la compétence des régions et non de celle du Gouvernement, mais il s'agit d'aller plus loin dans la logique de contractualisation entre l'État et les régions, de se montrer exigeant dans nos engagements à proposer des solutions alternatives à la voiture, impliquant en particulier qu'on maintienne coûte que coûte des horaires qui conviennent aux salariés.

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