Intervention de Agnès Firmin Le Bodo

Séance en hémicycle du jeudi 26 septembre 2019 à 15h00
Bioéthique — Article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAgnès Firmin Le Bodo, Présidente de la commission spéciale :

La science n'est pas là pour résoudre une situation dont il n'est bien sûr pas question de nier le caractère extrêmement douloureux. Si l'on peut entendre qu'il soit difficile, pour la future mère, d'abandonner lors du décès de son conjoint le projet que le couple avait engagé, il ne faut pas pour autant que l'enfant soit un moyen de le poursuivre. Certes, la structuration psychique d'un enfant est complexe et ne se résout bien entendu pas aux conditions de sa seule procréation, mais choisir de faire naître un enfant d'un père fantôme risque de conduire à une idéalisation de ce dernier et, probablement, de compliquer la construction de l'enfant, sur qui pèsera le poids d'être né du deuil. On ne peut pas faire porter à un enfant la responsabilité de représenter tout ce que son père n'est plus car, sinon, l'enfant serait dans l'obligation, peut-être sous une pression familiale volontaire ou non, de vivre sous l'emprise de ce père fantôme. Sans faire appel à la psychanalyse, cela renvoie à une formule du type : « Tu es ton père, tu auras forcément son épanouissement personnel. »

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