Intervention de Amélie de Montchalin

Séance en hémicycle du jeudi 3 octobre 2019 à 9h00
Coopération et intégration franco-allemandes — Discussion générale

Amélie de Montchalin, secrétaire d'état chargée des affaires européennes :

Je lui passerai le message, même si je pense que cette question ne fait pas l'objet d'un débat. Nous n'avons pas prévu de proposer une révision du traité sur ce sujet.

Monsieur Waserman, je tiens à vous remercier de vos propos rappelant que notre Europe est, non seulement, politique et économique, mais aussi charnelle. Nous pouvons effectivement fonder sur nos histoires personnelles, qui peuvent avoir été douloureuses, l'espoir que l'histoire ne se répète pas. J'ai été très émue par les mots que vous avez employés sur ce que ce traité peut représenter pour une famille comme la vôtre. Même si les histoires familiales ne font pas la politique européenne, je crois qu'elles en nourrissent l'ambition. Je vous renouvelle mes remerciements.

S'agissant de l'intelligence artificielle, nous avons bien un projet de formation et d'investissement commun ; l'amélioration de la vie quotidienne fait bien partie de l'enjeu de la coopération transfrontalière.

Monsieur Corbière, nous avons d'autres ambitions que de signer des traités avec l'Allemagne. Le lancement, par le Président de la République, du traité du Quirinal, qui a été parallèle à celui du traité d'Aix-la-Chapelle, a pour vocation de nous rapprocher de manière tout aussi substantielle de l'Italie. Nous sommes heureux de voir que le nouveau gouvernement italien est prêt à travailler avec nous pour relancer ce traité et lui redonner des perspectives. J'espère que l'Assemblée nationale pourra le ratifier.

Je tiens également à vous rappeler qu'aux termes l'article 52 de la Constitution, les traités sont bien de la compétence du Président de la République. Or les parlementaires ont été associés, en amont, aux travaux relatifs au traité d'Aix-la-Chapelle, à la différence de bien d'autres : vous avez une vision un peu décalée à la fois de notre ordre constitutionnel et du travail relatif à ce traité.

Enfin, monsieur Clément, vous m'avez interrogé sur le fonds citoyen commun. C'est un projet essentiel, du fait que, comme je l'ai déjà souligné, l'amitié franco-allemande et le rapprochement des peuples et des projets ne peuvent pas dépendre uniquement des politiques : les sociétés civiles doivent y être impliquées. Nous avons pour ambition de lancer des projets nombreux dès 2020. L'Office franco-allemand pour la jeunesse a pour mission de jouer un rôle d'animateur. Ces projets devront viser non pas seulement la jeunesse mais tous les publics. Nous aurons, je l'espère, l'occasion de débattre, dans le cadre du projet de loi de finances, des moyens et de l'organisation de ce fonds.

Je me suis particulièrement impliquée sur le sujet, non seulement pour trouver les moyens financiers mais surtout pour déterminer les types de projets innovants dont nos sociétés ont aujourd'hui besoin pour se rapprocher. Nous devons également, je le répète, viser d'autres publics que les jeunes scolarisés et les acteurs du jumelage, notamment des jeunes ou des moins jeunes professionnels, dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans lesquels, parfois, la relation franco-allemande n'est pas connue. Il faut ouvrir nos horizons. Nous sommes pleinement mobilisés sur le sujet : les actes suivront, je l'espère, la ratification.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.