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Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du jeudi 3 octobre 2019 à 9h00
Bioéthique — Article 4

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

Je le défendrai en même temps que les autres amendements de mon groupe, nos 2403, 2406 et 2349.

Vous le savez, nous avons d'emblée défendu l'idée que le projet de loi établissait de fait une filiation nouvelle. C'est ainsi que nous voyons les choses. Voilà pourquoi nous avons combattu l'idée qu'il puisse y avoir une vérité biologique comme nous avons combattu celle d'un droit aux origines, ne reconnaissant aucune particularité au don de gamètes par rapport aux autres dons, notamment d'organes. Je ne rappelle tout cela que pour la cohérence de notre propos.

Ici, il s'agit pour nous d'effacer toute distinction entre la parentalité des couples homosexuels et celle des autres formes de couple. Nous allons ainsi au bout de la logique d'acceptation de l'idée qu'une filiation nouvelle est créée, partant du principe qu'aucune filiation ne sera jamais, dans l'histoire, autre chose que le résultat d'une pratique culturelle, d'une vision de la société et d'une relation particulière de parent à enfant, compte non tenu des orientations sexuelles des parents.

Je veux insister sur un point : il nous paraît une très mauvaise idée de faire figurer, sur les documents d'identité des enfants, le caractère particulier de leur naissance – précisément parce que cette particularité est en fait artificiellement créée. C'est une source de discrimination et une manière de refuser à ces enfants d'aujourd'hui, adultes de demain, l'intimité et le droit de parler ou non d'un sujet finalement pas si important que cela. Il ne faudrait en laisser aucune trace, dans aucun document. Ils sont les enfants d'une parentalité particulière, mais c'est incontestablement une parentalité, la filiation est établie, point final. À partir de ce moment, leur vie et leurs droits deviennent les mêmes que ceux de tout le monde et le même respect est dû à chacun, quelle que soit l'origine ou la nature des parents.

Chacun mesurera la cohérence entre ce que je dis maintenant et les autres points de vue que j'ai déjà défendus ici. Par conséquent, notre groupe votera l'amendement de notre collègue, avec l'espoir que d'autres voteront les nôtres s'il n'était pas adopté. Vous avez compris – je m'adresse surtout aux collègues de la majorité parce que c'est eux qui emporteront la décision – que nos amendements peuvent être qualifiés d'amendements « pas de trace », car tout le monde est égal par le fait que tout le monde doit avoir des parents, sachant que si ceux-ci sont du même sexe, ce détail n'a pas d'importance par rapport à sa propre existence personnelle et à son existence sociale. Ce sont les amendements « tous pareils », « tous égaux », avec le même respect pour tout le monde qui en découle.

1 commentaire :

Le 06/10/2019 à 10:51, Laïc1 a dit :

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"sachant que si ceux-ci sont du même sexe, ce détail n'a pas d'importance par rapport à sa propre existence personnelle et à son existence sociale"

Tout Freud à la poubelle… Vous niez en passant les futures problèmes psychologiques des enfants nés par PMA.

Je rappelle en passant que tous égaux ne signifie pas tous pareils, à moins d'être complètement imbu de son idéologie délirante.

L'égalité n'est qu'en droit et devoirs. Nous sommes tous par ailleurs inégaux et tous différents, c'est l'évidence.

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