Intervention de Agnès Buzyn

Séance en hémicycle du jeudi 3 octobre 2019 à 21h30
Bioéthique — Après l'article 5

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé :

Je voulais répondre à Mme Genevard au sujet du don de moelle osseuse et de l'amendement qu'elle avait déposé, qui a été déclaré irrecevable au titre de l'article 40. En effet, la congélation de sang placentaire ou le recrutement de donneurs inscrits sur le registre France Greffe de moelle coûte de l'argent.

Nous ne souhaitons pas aujourd'hui aller au-delà du besoin affiché de donneurs de moelle en France, lequel s'élève à 310 000 – nous sommes en train de dépasser le seuil des 300 000. Il faut bien comprendre que les médecins utilisent énormément de greffons provenant d'autres pays, afin d'accroître la diversité des groupes tissulaires. Les fichiers internationaux comptent aujourd'hui 34 millions de donneurs inscrits. Nous ne souhaitons pas en rester à un fichier strictement national, car nous perdrions en diversité. Nous avons besoin des fichiers existant à travers le monde pour répondre aux besoins de patients français dont les groupes tissulaires sont rares. Si nous augmentions la taille du registre français, nous recruterions essentiellement des groupes tissulaires caucasiens, selon la majorité de la population française. Or, ce ne sont pas les groupes dont nous avons besoin.

J'entends la demande de cette association, mais nous sommes en train d'approcher le chiffre de 310 000 donneurs, au sein d'un registre de très haute qualité, ce qui remplira les objectifs fixés à l'Agence de la biomédecine. Indépendamment de l'article 40 donc, nous ne voulons pas d'un recrutement très large de donneurs français, ce qui, de toute façon, ne sera jamais compétitif face aux 34 millions de donneurs de par le monde.

Par ailleurs, madame Rossi, les 300 malades signalés sont tracés et identifiés. Plus de la moitié d'entre eux sont sortis de la liste car leur état s'est amélioré, notamment dans le cas de cancers hépatiques. L'Agence de la biomédecine connaît tous les détails.

Je profite du temps qui m'est donné pour m'enorgueillir de la qualité des équipes de greffe françaises et pour remercier les donneurs, leurs proches et les personnes impliquées dans l'acte de greffe. C'est une chaîne de solidarité exceptionnelle, de très haute qualité à la fois humaine et technique. Nous pouvons être fiers des résultats obtenus grâce à la mobilisation de l'ensemble de cette chaîne de solidarité. C'est ainsi que la France se classe au troisième rang mondial et au deuxième rang européen pour les greffes de rein.

Vous l'avez dit sur ces bancs, il reste encore d'importantes listes d'attente, de nombreux patients inquiets. Il nous faut donc aller encore plus loin. Un troisième plan greffe a été établi, qui fixe un objectif ambitieux de 7 800 greffes d'ici 2021. Toutes les règles que nous adoptons ici nous aideront à atteindre cet objectif.

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