Intervention de André Villiers

Réunion du mercredi 16 octobre 2019 à 9h35
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Villiers :

Je regrette que l'analyse du budget du ministère de l'agriculture ne permette pas d'intégrer l'enseignement supérieur et l'enseignement technique agricole. Cela aurait permis de mettre en lumière le fait que seuls 4 000 des 18 500 vétérinaires en exercice sur le territoire national exercent en zone rurale. Leur formation est assurée par quatre écoles, mais la filière belge permet heureusement de maquiller cette carence et la baisse des moyens de l'enseignement. Comment, dans ce contexte, assurer la mission de contrôle, dont on nous dit par ailleurs qu'elle est une nécessité absolue ?

Je voudrais mettre en perspective le budget de 2,9 milliards d'euros de la mission « Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales » avec les 9,5 milliards de la PAC. La contribution française, d'après le projet de loi de finances pour 2020, est évaluée à 21,3 milliards. Notre pays est contributeur net : le but est sans doute de faire converger les économies des États membres. La France est le deuxième contributeur et nous continuons de payer le désengagement déjà ancien du Royaume-Uni, qui remonte à l'époque de Margaret Thatcher. Je vous rappelle sa célèbre formule : « I want my money back ». L'annonce de la baisse de 3,9 % dès 2021, conjuguée à la volatilité des cours agricoles, sonne le glas de la loi EGALIM. La déception qu'elle suscite est proportionnelle aux attentes que les paysans nourrissaient, car leurs revenus sont liés très directement aux aides de la PAC. L'organisation de la transformation et de la distribution – je renvoie au rapport de M. Thierry Benoit – relève de véritables trusts et cartels : il convient, comme les États-Unis l'ont fait en leur temps, et comme on l'évoque aujourd'hui au sujet des GAFA (Google, Appel, Facebook, Amazon), de casser ces concentrations économiques, qui sont devenues la cause des maux de l'agriculture.

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