Intervention de Général Richard Lizurey

Réunion du jeudi 10 octobre 2019 à 11h10
Commission de la défense nationale et des forces armées

Général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale :

Il n'existe encore actuellement qu'un « Gend Drive » mais la porte est ouverte pour en implanter ailleurs. C'est une piste extrêmement intéressante qui donne d'excellents résultats. Les gens venus pour faire leurs courses s'arrêtent et discutent. Ils ont du gendarme une appréhension différente de celle qu'ils peuvent avoir dans une brigade. Je milite pour le développement de ce type d'expérience et de modèle.

Vous avez raison de souligner l'augmentation du trafic aérien. Je précise toutefois que cela ne concerne pas la gendarmerie de l'air mais la gendarmerie des transports aériens (GTA), en liaison avec la direction générale de l'aviation civile. À ce jour, le directeur général de l'aviation civile ne m'a pas signalé de besoins particuliers. Mais si des besoins nouveaux apparaissent, notamment sur les aérodromes secondaires qui voient leur trafic augmenter, nous mettrons les effectifs nécessaires pour procéder aux contrôles, notamment de la zone réservée qui relèvent de la responsabilité de la GTA.

Le groupement interarmées des hélicoptères avait été créé au moment où nous étions encore au ministère de la Défense et où nous avions la responsabilité, que nous avons toujours, de l'intervention dans les centrales nucléaires. La raison initiale de la création du GIH, c'est la projection du GIGN sur les centrales nucléaires, à l'époque où les pelotons de sécurité et de protection des centrales n'existaient pas. Il n'y avait pas, en première intention, de troupes prêtes à faire face à une agression terroriste. Depuis, on a créé un peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) par centrale, soit une cinquantaine de personnels, et les antennes du GIGN – sept en métropole et six en outre-mer. Le biotope sécurité et interventions spécialisées s'est étoffé. On est passé d'un système très centralisé à un système plus diffusé sur l'ensemble du territoire. J'ai rencontré récemment le chef d'état-major des armées pour échanger à ce sujet. Nos directions et nos états-majors y travaillent. Aujourd'hui, il faut remettre le GIH en perspective.

Les armées attendent de nous, à juste titre, une demande capacitaire, autrement dit, de savoir de quoi nous avons besoin. J'ai besoin d'un vecteur de projection. Peu importe que ce soient des hélicos ou des avions, j'ai besoin de projeter des forces. Nous travaillons donc plutôt sur une demande capacitaire affinée, comme la projection des gens de Satory à tel ou tel endroit et en tant de temps. Ce sont d'ailleurs plus des projections de province à province, d'antennes GIGN vers des lieux d'emplois, que des déplacements de Satory vers le sud de la France. Pour intervenir dans le sud de la France, il vaut mieux faire appel à l'antenne du GIGN de Toulouse ou d'Orange plutôt que de faire venir des gens de Satory.

Vous avez raison de souligner un problème d'entraînement. Le seul entraînement qui n'est pas réalisable par les moyens de gendarmerie, c'est la descente en corde lisse. Nous sommes en train de perdre la capacité de descente en corde lisse d'un hélicoptère de manoeuvre par les gens du GIGN car il faut un entraînement récurrent. Cela représente une dépense de 500 000 euros et nous nous heurtons à une limite budgétaire.

Nous essayons de trouver des solutions de projection en matière d'interventions opérationnelles pour nous passer du GIH, peut-être par la mise à disposition d'aéronefs militaires pour la projection sur les zones d'opération.

Madame Dubois, vous avez raison de souligner le caractère chronophage des missions liées à la violence intrafamiliale, sujette en augmentation constante depuis de nombreuses années. Le cas particulier des violences sexuelles et sexistes fait actuellement l'objet du Grenelle mis en place par le Gouvernement, mais les violences intrafamiliales sont un sujet social récurrent qui occupe beaucoup les unités de gendarmerie et les forces de l'ordre. Nous avons mis en place, en cofinancement avec les conseils départementaux et le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), un certain nombre d'intervenants sociaux de gendarmerie – 137 actuellement – chargés d'accompagner dans la durée les familles en difficulté, identifiées à la faveur d'une intervention pour, en liaison avec les services sociaux du département, améliorer la situation et éviter des réitérations de difficultés.

Au regard de l'ampleur du phénomène, 137 intervenants, c'est à la fois beaucoup et peu. Il faut continuer à investir car cette réponse dans la durée me paraît adaptée. L'intervention du gendarme ou du policier dans ce type d'événement ne peut être que ponctuelle. Nous ne pouvons pas accompagner les familles dans la durée. Le relais doit être pris par des intervenants sociaux qui mériteraient sans doute d'être un peu plus nombreux.

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