Intervention de Meyer Habib

Séance en hémicycle du jeudi 31 octobre 2019 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2020 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMeyer Habib :

Avec 2,8 milliards d'euros, le budget de la mission « Action extérieure de l'État » marque une stabilisation après des années de baisse. Le programme « Présidence française du G7 » disparaît évidemment, et les crédits ont été répartis entre les autres programmes, qui retrouvent leur niveau de 2018.

Je constate, hélas, que le PLF pour 2020 poursuit la tendance à la paupérisation du ministère de l'Europe et des affaires étrangères : 160 emplois supprimés en 2019, 81 sur le prochain exercice, baisse de 5,7 % de la masse salariale sur la durée du quinquennat. Avec 13 500 emplois, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères compte moins de fonctionnaires que la ville de Toulouse, alors que plus de 3 millions de Français vivent à l'étranger.

Le groupe UDI, Agir et indépendants pose la question : les sacrifices consentis par le ministère servent-ils une véritable stratégie ou sont-ils des coupes sombres sans vision ni cohérence ? Alors que les missions de notre diplomatie ne cessent de s'élargir, l'intendance n'arrive souvent plus à suivre. Pourtant, alors que la France est en pointe sur les grands dossiers internationaux comme la lutte contre le terrorisme, le changement climatique, la crise du multilatéralisme ou tous les dossiers compliqués du Proche et Moyen-Orient, il faut mettre les moyens en cohérence avec nos ambitions.

Après ces considérations générales, j'en viens à l'examen des crédits de la mission, qui se décline en trois programmes.

Le programme 105 « Action de la France en Europe et dans le monde » englobe 62 % du budget de la mission. Après une forte baisse, la stabilisation des crédits confirme l'appauvrissement de l'action extérieure de la France. Depuis 2018, on enregistre une diminution de 100 millions d'euros. Un point positif, cependant : on peut noter la sanctuarisation des crédits de l'action 05 relative à la coopération antiterroriste.

La réforme des réseaux de l'État à l'étranger, dans le cadre du programme « Action publique 2022 », est également une très bonne chose. Il faut toutefois accroître la visibilité et, surtout, mener une réflexion sur les missions de notre diplomatie, qui embrassent un éventail trop large et disparate. Si je veux saluer le très bon travail de nos personnels diplomatiques, la succession des coups de rabot budgétaires épuise les services.

Sur le programme 151 « Français à l'étranger et affaires consulaires », stable à 373 millions d'euros, notre groupe a un avis mitigé. Je souligne des progrès indéniables en matière de modernisation des services consulaires, financée par l'action 01. La dématérialisation des demandes de visas et d'actes d'état civil marque, en particulier, une nette amélioration.

S'agissant des bourses scolaires, un sujet qui m'est particulièrement cher, le budget a enfin cessé de chuter : il se stabilise à 105 millions d'euros, sans compter la soulte constituée au fil des ans. Toutefois, la sous-consommation chronique des crédits nous inquiète et pose le problème des critères de répartition.

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