Intervention de M'jid El Guerrab

Séance en hémicycle du jeudi 31 octobre 2019 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2020 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaM'jid El Guerrab :

« Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s'arrêter, mais pour tenter l'impossible dans les meilleures conditions. » Ces propos de l'un des plus distingués représentants de la lignée des diplomates écrivains, l'éminent Romain Gary, illustrent indéniablement cette mission. La France dispose aujourd'hui du deuxième réseau diplomatique au monde, un réseau qui s'est toujours voulu et considéré comme universel. Il fait la fierté de nos compatriotes, conscients de pouvoir compter sur les 13 500 agents du ministère de l'Europe et des affaires étrangères.

Nous ne pouvons que nous réjouir de la hausse de 3 % du budget 2020 de ce ministère et de l'augmentation de 25 millions d'euros de la subvention de l'AEFE. Cela nous aidera à atteindre l'objectif du doublement du nombre d'élèves scolarisés dans le réseau à l'horizon 2030.

Membre du groupe Libertés et territoires, représentant les 150 000 Français du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest, je souhaite rappeler l'importance du rôle joué par nos consulats. Alors que le nombre de Français à l'étranger augmente et que les demandes de visa sont en hausse constante, il convient d'inverser la vapeur et d'augmenter les effectifs des agents consulaires. C'est le sens de notre amendement visant à rétablir les soixante-quatorze ETP supprimés dans le plafond d'emplois du ministère.

C'est d'autant plus nécessaire au vu de la diversité de leurs tâches : service administratif à la communauté française, mission de protection sociale et d'aide à la scolarité, protection consulaire, participation à la politique d'attribution des visas. J'appelle à ce propos à la création d'une mission d'évaluation de l'externalisation de leur délivrance. Cette première vitrine de notre pays est une épine dans nos rapports avec nos partenaires. Les pays de ma circonscription s'en plaignent tous, sauf peut-être la Côte d'Ivoire.

Rappelons une autre difficulté qui a toujours été inhérente aux missions du ministère : l'éparpillement des moyens et des ressources humaines. Par exemple, la diplomatie économique est partagée par de trop nombreux acteurs : le ministère, le Trésor, les opérateurs de l'État comme Business France ou Atout France, et récemment la Team France Export, Bpifrance, l'AFD, les CCI en France et à l'international, les conseillers du commerce extérieur de la France – CCEF. Il convient de rationaliser tout cela, monsieur le ministre, et je sais que vous vous y attachez.

Par ailleurs, la question de la diplomatie universitaire et scientifique se pose depuis la mise en oeuvre récente de la stratégie « Bienvenue en France ». La hausse considérable des frais de scolarité dans les universités françaises pour les non-Européens a été très mal vécue par nos partenaires, notamment africains et maghrébins.

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