Intervention de Buon Tan

Réunion du mercredi 23 octobre 2019 à 9h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBuon Tan, rapporteur pour avis :

Frédéric Petit et Denis Masséglia ont abordé le même sujet. Le choix des pays d'où il se retire a été opéré par Business France en fonction de paramètres locaux comme les performances comparées de l'agence et de la chambre de commerce locale. Quand ni l'un ni l'autre ne fonctionnait, on a opté pour la labellisation d'acteurs privés recommandés par l'ambassade. Dans certains pays comme la Russie, des acteurs privés font le travail en lieu et place de Business France.

Un gros travail est demandé aux acteurs locaux. La volonté de décentraliser la démarche est réelle, l'idée étant que, dans un premier temps, les bureaux qui regroupent aujourd'hui les équipes de Business France et des chambres de commerce et d'industrie (CCI) mettent en place le système et intègrent le CRM. Dans un deuxième temps, ils ont pour objectif de recruter des entreprises qui n'ont pas pensé à exporter ou qui n'ont pas le temps de se pencher sur le sujet. Concernant les moyens, au moins 160 emplois sont prévus dans les CCI. S'il en faut davantage, nous adapterons les moyens pour que le travail soit fait sur le terrain. C'est pourquoi il faut augmenter légèrement le budget, car chaque euro investi rapporte beaucoup plus à l'économie locale et nationale.

Monsieur Clément, j'entends ce que vous dites au sujet du secteur agricole, mais il faut essayer de sortir des préjugés. Je reste convaincu que le CETA est un bon accord pour nos agriculteurs. La réaction des Canadiens qui se plaignent d'être perdants montre que nous sommes plutôt gagnants. Certaines rubriques posent problème. On ne peut être gagnant à 100 %, mais nous sommes très favorablement servis. Si l'accord avec le Mercosur n'est pas encore signé, c'est précisément en raison de désaccords sur de nombreux points. Par ailleurs, je ne crois pas que le CETA ait créé quelque risque sanitaire que ce soit. On a mis des barrières ou acté des éléments déjà existants. Le CETA n'a pas introduit de nouvelles faiblesses dans le système existant. Nous verrons ce qu'il en sera à l'usage, mais à mon sens, aujourd'hui, le CETA est plutôt positif. Je suis convaincu qu'en nous organisant mieux, nous pourrons en tirer profit.

Au-delà des recrutements par Business France ou les chambres de commerce locales, un important travail a été entrepris pour former les chefs d'entreprise à l'export, les inciter à apprendre l'anglais, les aguerrir aux méthodes d'exportation, mais il faut du temps pour obtenir des résultats.

Je soutiens le développement d'outils destinés à aider les petites ou très petites entreprises à exporter facilement. L'A3P en est un, mais va être arrêtée. Il faut trouver des leviers faciles à actionner afin que les entreprises désireuses d'agir ne soient pas obligées de constituer plein de dossiers, de passer par différents interlocuteurs.

Madame Le Peih, la neutralité carbone s'analyse au niveau national. Pour le commerce international, un mécanisme d'inclusion carbone est prévu. L'idée est de mesurer l'impact carbone à l'entrée et à la sortie, en exportation mais aussi en importation. Mais cela ne peut être entrepris que si une majorité de pays le font en même temps.

Madame Tanguy, de fait, la France est devenue le premier moteur de croissance de l'Europe, non seulement parce que nous avons amélioré notre compétitivité, mais aussi parce que l'Allemagne et d'autre pays connaissent une période difficile. Nous avons le devoir de poursuivre notre démarche et de surveiller nos exportations, aujourd'hui principalement tournées vers l'Europe. Mais ce marché posant problème, il faut aller plus loin. C'est pourquoi je propose que nous nous tournions plus vers l'Europe centrale et orientale, l'Afrique ou l'Asie du Sud-Est, zones où les taux de croissance sont élevés et où nous sommes peu présents.

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