Intervention de Jacques Maire

Séance en hémicycle du jeudi 21 novembre 2019 à 9h00
Accession de la macédoine du nord à l'organisation du traité de l'atlantique nord — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Maire :

Vous avez raison, madame la présidente ! La Macédoine du Nord aspire à la stabilité. Rappelons-nous que la dernière guerre menée par l'OTAN en Europe, il y a une vingtaine d'années, se situait aux frontières de ce pays ! Il faut protéger la région ; or l'OTAN permet d'agir en ce sens.

Deuxièmement, loin de la Russie, au coeur des Balkans, l'adhésion de ce pays ne peut être interprétée comme une provocation à l'égard de quiconque. Il ne s'agit pas de faire adhérer l'Ukraine ou la Géorgie, pays sensibles aux yeux du grand voisin.

Troisièmement, l'accession de la Macédoine du Nord à l'OTAN permettra de diffuser plus largement les principes de l'Alliance que nous partageons tous : le respect de l'État de droit, la nécessité du contrôle démocratique des forces armées et l'absence de conflit avec les pays voisins.

C'est en cela que l'adhésion du pays à l'OTAN constitue une étape supplémentaire pour la paix et la stabilité des Balkans occidentaux. Elle est un premier objectif pour la Macédoine du Nord, le second étant l'adhésion à l'Union européenne. Sur ce point, je suis d'accord avec le président Chassaigne : la France ne s'y trompe pas ; l'OTAN et l'Union européenne ne sont pas les deux faces d'une même pièce.

Certains pays sont membres de l'Union européenne sans appartenir à l'OTAN – ils étaient trois, mais le Royaume-Uni viendra probablement s'ajouter demain à l'Islande, à la Norvège et à la Turquie. D'autres pays comme la Suède, l'Autriche ou la Finlande, sont membres de l'Union mais restent hors de l'OTAN. Assimiler les deux appartenances ferait de l'Union européenne une entité euro-atlantique, ce que nous ne voulons pas.

L'adhésion de la Macédoine du Nord à l'OTAN n'est donc pas un préalable à l'ouverture du processus d'adhésion à l'Union européenne. Nous reconnaissons bien volontiers depuis très longtemps la vocation européenne de la Macédoine du Nord. L'accord de Prespa lève le dernier obstacle de principe à l'adhésion. Cependant, la France – elle n'est pas la seule – n'a pas souhaité donner son feu vert à l'ouverture des négociations entre l'Union européenne et les deux pays des Balkans, par souci de cohérence.

En effet, certains Européens pratiquent la fuite en avant et souhaitent l'élargissement sans accepter de le financer ou sans chercher à rendre l'Europe plus efficace. Nous devons tirer la leçon des élargissements passés, des réussites mais aussi des échecs. C'est pour cela que le Président de la République a subordonné l'ouverture des négociations à plusieurs évolutions : la Macédoine du Nord doit mener à terme des réformes intérieures ; il faut aussi réformer le processus d'adhésion à l'Union européenne – la France a déposé ses propositions en la matière, et il était vraiment temps, madame la secrétaire d'État. Il faut enfin rendre la gouvernance européenne plus efficace.

Il ne s'agit pas de renvoyer l'ouverture des négociations aux calendes macédoniennes, mais de réunir dès que possible, les conditions nécessaires. La France a fait des propositions ; la balle est dans le camp de nos partenaires.

En conclusion, le groupe La République en marche soutient sans réserve l'adhésion de la Macédoine du Nord à l'OTAN.

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