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Intervention de Alexis Corbière

Réunion du jeudi 7 novembre 2019 à 9h30
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlexis Corbière :

Je vous remercie de m'accueillir au sein de votre commission, madame la présidente. Avec tout le respect que j'ai pour nos collègues Charles de Courson et George Pau-Langevin, je dois dire que je partage certains des propos qu'a tenus M. le ministre, et que je suis radicalement en désaccord avec les amendements proposés quant à la teneur idéologique qu'ils véhiculent.

Certes, nous avons un problème politique de fond en raison du fait que nombre de nos concitoyens se tiennent désormais à distance des lieux de représentation politique, estimant que ceux-ci ont de moins en moins de pouvoir, et que la concentration des pouvoirs dans les mains du maire rend la fonction de conseiller municipal souvent peu intéressante. Cependant, j'estime que ce serait la pire des choses que de ne chercher qu'à faire disparaître les symptômes plutôt que la maladie elle-même : en agissant ainsi, nous finirons par accepter qu'une seule personne soit nommée, et nous n'aurons rien réglé…

La situation actuelle ne doit pas être niée, mais elle doit être considérée pour ce qu'elle est, à savoir un symptôme du fait que les communes, peut-être en raison des politiques de décentralisation qui ont été menées, se sentent désormais écrasées : les gens pensent qu'il est inutile d'aller siéger au conseil municipal, qu'on y perd son temps du fait de l'absence d'enjeux.

Pour remédier à cela, la solution consisterait sans doute à redonner un pouvoir de contrôle politique aux communes et aux citoyens. En tout état de cause, ce serait une démarche plus intéressante que celle consistant à diminuer le nombre de conseillers municipaux. Ne nous y trompons pas : quand les lieux de contre-pouvoir se réduisent – il est question que ce soit le cas pour le Parlement, puisqu'il est aujourd'hui proposé de réduire le nombre de députés et de sénateurs –, il en est un qui, lui, reste toujours aussi puissant, à savoir la Présidence de la République ! C'est une tendance à laquelle je suis pour ma part farouchement opposé : j'estime au contraire que notre pays devrait compter un plus grand nombre d'élus, et que le Président de la République devrait détenir beaucoup moins de pouvoir.

Toutes ces questions donnent lieu à un débat fertile et utile, mais pour ma part je suis défavorable aux amendements proposés et j'estime que nos collègues seraient bien avisés de les retirer – mais ce n'est pas à moi de le leur demander !

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