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Intervention de Mansour Kamardine

Réunion du vendredi 27 octobre 2017 à 15h05
Commission élargie : finances - affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMansour Kamardine :

C'est la première fois que j'étudie de près cette mission budgétaire « Aide publique au développement » et ce que je découvre me paraît assez préoccupant. Le budget qui nous est proposé marque la poursuite d'un triple décrochage de la France : par rapport à nos principaux partenaires, par rapport aux priorités que nous affichons et par rapport à la réalité de notre solidarité avec des peuples amis.

On l'a dit avant moi : l'augmentation des crédits de la mission est en trompe-l'oeil : elle ne compense même pas les annulations de crédits décidées en juillet dernier. Pis encore, l'augmentation de l'aide bilatérale n'est que faciale. Au mieux, elle stagne en euros constants et la seule priorité réelle de la mission est l'augmentation de l'aide multilatérale, pour environ 5 millions, à travers les transferts communautaires. Au total, le niveau de nos efforts demeure désespérément bas et très en deçà de nos engagements internationaux.

Le décrochage par rapport à nos principaux partenaires qui, comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, atteignent l'objectif de 0,7 % de leur revenu national brut (RNB), est d'autant plus criant que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne nous laissera dans un face-à-face cruel avec l'Allemagne, dont l'effort est deux fois supérieur au nôtre, voire trois fois plus important en volume d'aide. Notre indigence est désormais patente.

S'ajoute à cela un déséquilibre récurrent depuis une dizaine d'années entre les dons et les prêts, lesquels nous permettent de gonfler nos appuis. Ce projet de budget ne met malheureusement pas un terme à cette pratique. La mise en perspective des 209 millions d'euros de dons prévus via les décaissements de l'AFD et des 6 milliards engagés par nos amis britanniques traduit une réalité cruelle : l'APD française est devenue un véritable village Potemkine.

Surtout, ce budget est incohérent avec les priorités affichées. Si la France demeure un acteur de la diplomatie et de la défense, ce dont nous nous réjouissons au groupe Les Républicains, elle devient un acteur mineur en termes de développement, ce qui réduit notre capacité à mobiliser des partenaires sur nos priorités. Pour moi, élu d'un territoire entouré d'un océan de misère, beaucoup d'efforts restent à faire.

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