⚠️ Attention : du fait de profonds changements sur le site de l'Assemblée, les compte-rendus des commission
ne peuvent plus être intégrés depuis avril 2020. Notre équipe de bénévoles travaille à trouver des palliatifs à cette situation.
Par ailleurs depuis la pandémie, l'Assemblée ne publie plus les présences aux réunions de commissions.

Intervention de Mathilde Panot

Séance en hémicycle du jeudi 2 novembre 2017 à 21h30
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Cohésion des territoires

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMathilde Panot :

Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, lorsque vous évoquez la cohésion des territoires tout en réduisant les crédits alloués à cette mission de plus de 3 milliards d'euros en deux ans, monsieur le ministre, vous poursuivez sur la lancée de votre collègue Muriel Pénicaud qui se targuait de créer des emplois en favorisant les licenciements. La cohésion des territoires, d'après ce projet de budget, passe par la dislocation de l'État.

Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement – CEREMA – est l'une des victimes de votre raisonnement budgétaire. Il perdra 5 millions d'euros par an au cours des cinq prochaines années. D'ici à 2022, un quart de ses effectifs disparaîtra. Ce groupe d'experts constitue pourtant un point d'appui décisif pour l'État et nos collectivités. Sans expertise publique, comment feront-ils face aux grands projets tels que les Jeux olympiques et le Grand Paris ? Qui entretiendra et gérera le réseau de routes en Île-de-France ?

Soyons concrets, monsieur le ministre. Le CEREMA est récemment intervenu à la demande d'un maire auprès duquel un opérateur privé insistait pour qu'il fasse rénover une passerelle de la ville, prétendant qu'elle allait s'effondrer. Bien sûr, il y avait des centaines de milliers d'euros à la clé. L'établissement public que vous démantelez a démontré qu'il n'existait aucun risque d'effondrement. Le CEREMA, en cette occasion comme en bien d'autres, a empêché le pillage des caisses publiques par des pourvoyeurs de conseils douteux inspirés par la cupidité.

Dès lors, qui s'en chargera ? La réponse est limpide : encore et toujours le privé ! Pourtant, non, le privé ne fait pas plus vite, moins cher et mieux que le public, comme en témoignent les nombreux scandales autour des partenariats public-privé. Combien d'argent public est perdu lorsque vous détruisez des établissements publics, monsieur le ministre ?

En détruisant l'État et ses établissements, vous faites preuve d'une certaine ignorance de l'état du pays. De telles décisions peuvent sembler anecdotiques, mais leur répétition en de si nombreux chapitres du budget de l'État forme une cohérence certaine – pas celle d'une cohésion des territoires mais plutôt celle de leur abandon !

S'agissant de la baisse des APL, chacun a déjà pu constater le caractère indéfendable de votre proposition, les plus modestes au premier chef, qui n'oublieront pas que, tout en supprimant 400 millions d'euros d'APL, vous rendez 400 millions d'euros aux 1 000 contribuables payant le plus d'ISF. Tout un symbole !

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion