Intervention de Sébastien Jumel

Séance en hémicycle du mardi 7 janvier 2020 à 9h00
Questions orales sans débat — Plan d'urgence pour l'hôpital et centre hospitalier de dieppe

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSébastien Jumel :

Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, je vous souhaite une belle année et une bonne santé – la santé est d'ailleurs l'objet de ma question.

La crise hospitalière, avec pour corollaire l'asphyxie financière généralisée des hôpitaux, n'est pas virtuelle. Elle se traduit par une pression de plus en plus insupportable pour l'ensemble des agents de la chaîne hospitalière – cette chaîne humaine – , et porte atteinte à la capacité des hôpitaux, notamment dans les villes moyennes, à répondre aux besoins de santé immédiats et à envisager des investissements pour l'avenir.

Bien que le centre hospitalier de Dieppe se soit profondément modernisé ces dernières années en vue d'instaurer un projet médical partagé afin qu'on prenne soin des habitants – dont les indicateurs de santé restent préoccupants – , et bien que son niveau d'activité n'ait cessé de croître, notamment du fait de la reprise de l'activité obstétricale de la clinique privée des Aubépines, sa situation financière continue de se dégrader. Elle fragilise la réponse aux besoins vitaux d'investissement de l'hôpital, comme la modernisation de son système d'information – pour un montant estimé à 1,3 million d'euros – , la rénovation des urgences, où est traitée la misère du monde – un investissement estimé à 550 000 euros – ou encore le remplacement du réseau d'eau – pour 1,4 million d'euros estimés en 2020. Cette situation pèse également sur les moyens humains de fonctionnement de l'hôpital.

La reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux a été annoncée récemment, ainsi qu'une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d'euros sur trois ans, dont 300 millions pour 2020. Nous considérons que le compte n'y est pas et nous nous interrogeons sur la façon dont vous déclinerez, à l'échelle de notre établissement et de notre territoire de santé, l'accompagnement financier concret que l'ARS déploiera pour garantir la réalisation de ces investissements.

Pouvez-vous par ailleurs nous assurer que l'accompagnement visant à désendetter l'hôpital ne sera pas conditionné par des plans de retour à l'équilibre intenables ? Comment sera poursuivi le plan de rebasage portant notamment sur la dotation de psychiatrie, que j'ai obtenue du Premier ministre du fait du sous-accompagnement de notre territoire dans cette spécialité ?

Enfin, la démographie médicale connaît une tension forte, qui affecte 50 % du territoire de la Normandie. Il est donc nécessaire que l'ARS accompagne financièrement les efforts déployés à Dieppe pour ouvrir une maison de garde médicale en journée. Voilà, monsieur le secrétaire d'État, quelques questions concrètes qui donneront lieu, je l'espère, à des réponses tout aussi concrètes.

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