Intervention de Marielle de Sarnez

Séance en hémicycle du jeudi 16 janvier 2020 à 9h00
Réadmission des personnes en séjour irrégulier dans l'union européenne et en arménie — Présentation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarielle de Sarnez, présidente de la commission des affaires étrangères :

Nous débattons ce matin de l'application de l'accord signé en 2013 entre l'Union européenne et l'Arménie concernant la réadmission des personnes en séjour irrégulier. Notre commission s'est montrée favorable à son approbation, comme vient de le rappeler notre rapporteure.

Ce projet de loi est l'occasion d'évoquer les liens qui unissent nos deux pays. Nous entretenons avec l'Arménie une amitié enracinée dans l'histoire, la présence en France d'une importante communauté d'origine arménienne en témoigne : un demi-million de Français ont des origines arméniennes et 20 000 ressortissants arméniens résident sur notre territoire. Nous en avons tous conscience, notre patrimoine culturel ne serait pas le même sans la contribution de tant de nos compatriotes d'origine arménienne. Nos liens profonds avec le peuple arménien nous ont fait partager ses douleurs. La France a officiellement reconnu le génocide arménien en 2001, et le Président de la République a fait du 24 avril une journée nationale de commémoration de ce génocide. Notre amitié doit continuer à s'incarner plus que jamais.

Depuis l'indépendance retrouvée, l'Arménie poursuit un chemin sur lequel les obstacles ne manquent pas. Sans accès à la mer, avec un relief très montagneux, elle est enclavée. Ses frontières avec l'Azerbaïdjan sont fermées, en raison du conflit du Haut-Karabagh, ainsi que celles avec la Turquie. Seules celles avec la Géorgie et l'Iran demeurent ouvertes. L'Arménie souffre aussi d'une très forte dépendance, en particulier énergétique, vis-à-vis de la Russie.

Ce contexte a considérablement favorisé l'émigration. Avant la révolution de velours du printemps 2018, l'Arménie enregistrait un solde migratoire négatif de 50 000 départs par an, phénomène qui lui a fait perdre pas moins d'un tiers de sa population depuis l'indépendance.

Depuis la transition politique d'avril 2018, la tendance s'est heureusement inversée, de manière spectaculaire. Le printemps 2018 a en effet vu l'arrivée de Nikol Pachinian, figure emblématique de la contestation envers le pouvoir précédent. Le nouveau Premier ministre s'est donné pour objectif de moderniser la vie politique, de combattre la corruption et d'améliorer le climat économique pour attirer les investissements. La France, c'est très important, doit prendre toute sa part dans l'accompagnement de l'Arménie vers son développement économique et social, …

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