Intervention de Gérard Collomb

Séance en hémicycle du vendredi 3 novembre 2017 à 9h30
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Sécurités

Gérard Collomb, ministre d'état, ministre de l'intérieur :

Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, les crédits de la mission « Sécurités » représentent 13,3 milliards d'euros, soit près de 80 % des crédits dont j'ai la charge. Nous avons obtenu, pour 2018, un budget qui correspond aux ambitions que nous avons en ce domaine.

Ce budget reflète la conscience qu'ont le Président de la République et l'ensemble du Gouvernement de l'importance des missions exercées par le personnel du ministère de l'intérieur, en particulier en matière de sécurité, et notre volonté, dans les années qui viennent, d'aller vers une France apaisée – ce sera là tout l'objet de la police de sécurité du quotidien. Les crédits de la mission « Sécurités » augmentent donc de 1,5 % en 2018 par rapport à 2017, ce qui représente un effort conséquent lorsque l'on connaît les difficultés de cet exercice budgétaire, mais qui prend encore plus de relief si l'on prend un peu de champ.

En effet, par rapport à 2015, on constate que les crédits de personnel, qui atteignent 710 millions d'euros, sont en hausse de 7,3 %. Plus encore, le budget de fonctionnement et d'investissement des services, de 440 millions d'euros, est en hausse de près de 18 % par rapport à 2015. On voit donc la tendance, rompant avec des pratiques anciennes de baisse continue des budgets de sécurité : non seulement nous consolidons les efforts faits ces dernières années, mais nous les accentuons.

Cette évolution à la hausse est très importante. Elle signifie que les moyens supplémentaires exceptionnels obtenus depuis 2015 pour les forces de sécurité, dans le cadre de différents plans de court terme, sont désormais devenus la norme. L'effort du Gouvernement dans le domaine de la sécurité marque donc une orientation puissante pour ce quinquennat : ce qui était hier exceptionnel, nous le pérennisons aujourd'hui et l'inscrivons dans la durée.

Conformément aux engagements du Président de la République, nous procéderons donc, sur l'ensemble du quinquennat, à 10 000 créations d'emplois, de manière à restaurer les capacités des forces de sécurité. Dès 2018, nous recruterons environ 1 000 policiers, 500 gendarmes et 400 membres du personnel de la DGSI et du renseignement territorial.

Cette montée en puissance en matière de personnel sera accompagnée d'un effort important pour l'équipement. Ce sont en effet 230 millions d'euros de crédits que nous consacrerons aux deux forces, c'est-à-dire un niveau équivalent à celui qui a été atteint les deux dernières années, et qui était le fruit de plans exceptionnels. Ce qui, hier, était exceptionnel deviendra donc la norme dans les prochaines années. Ce budget nous permettra dès lors d'investir dans de nouveaux équipements technologiques – tablettes, smartphones, mais aussi caméras piétons – , qui apparaissent essentiels pour réussir la réforme de la police de sécurité du quotidien. Ils permettront à la fois d'atteindre une efficacité technique supérieure et de procéder à des contrôles dans des conditions plus sereines.

Enfin, nous avons également décidé de faire un effort exceptionnel en matière d'immobilier. Pour que nos forces de sécurité soient pleinement opérationnelles, il faut en effet que leur quotidien s'améliore ; nous allons donc rénover nos commissariats et nos casernes, aujourd'hui parfois très dégradés, faute d'entretien régulier et suffisant par le passé. C'est une préoccupation très forte des policiers et des gendarmes, et ils ont raison. Pour les deux forces de sécurité, les budgets immobiliers sont donc en forte augmentation : 196 millions d'euros pour la police nationale, soit une hausse de 5,4 %, et 100 millions d'euros pour la gendarmerie nationale, soit une hausse de 9 %. En outre, j'ai souhaité déconcentrer les décisions relatives aux petits travaux, pour rendre les services davantage réactifs et plus à l'écoute des besoins. Cet effort, si l'on veut qu'il opère rapidement, nous ne pourrons le réaliser seuls ; c'est pourquoi le Gouvernement a déposé un amendement visant à prolonger le régime juridique qui permet aux collectivités locales d'être maîtres d'ouvrage et cofinanceurs de travaux relatifs à la sécurité intérieure.

Le budget de la protection civile est encore meilleur ; je vous en dirai quelques mots tout à l'heure.

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