Intervention de Jean-Paul Lecoq

Séance en hémicycle du mardi 7 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Paul Lecoq :

… et le manque de personnel dans les ambassades ralentit toutes les procédures administratives pour les étrangers souhaitant se rendre en France, comme pour les expatriés.

Toutes ces actions sont dommageables pour l'image de la France. N'est-ce pas un mauvais calcul ? Si l'on rajoute à cela le grand nombre de résolutions de l'ONU que la France ne respecte pas, notamment à propos du nucléaire militaire, mais aussi du Sahara occidental, des Comores et de Mayotte, ou encore de la Polynésie française, on constate que la grandeur de la France ne tient qu'à un fil. L'extraordinaire densité et la force de notre réseau diplomatique ne doit pas péricliter au simple motif qu'il est déjà bien structuré.

Ce budget est donc à contre-courant de ce qui se passe partout dans le monde. Vous l'avez dit, monsieur le rapporteur, et vous aussi, monsieur le ministre. Partout, les grandes puissances mondiales valorisent leur identité – le rapporteur parlait à ce propos du soft power.

Évidemment, la France véhicule déjà une image positive dans le monde, mais ce n'est pas une raison pour se reposer sur ses acquis. La réflexion sur l'influence culturelle doit être prioritaire pour la France : les attachés culturels devraient à nouveau peupler les ambassades.

Aujourd'hui, alors que la francophonie souffre pour attirer de nouveaux locuteurs, la Russie investit massivement les espaces médiatiques ; le Qatar n'hésite pas à dépenser des sommes folles pour le sport et sa médiatisation ; la Chine investit lourdement en Afrique ; et que dire des États-Unis ou de la Grande-Bretagne ? Ce budget ne semble pas prendre la mesure de cet enjeu, et fait prendre le risque que la France ne perde de son influence dans les années à venir.

Alors que le Président a imprimé sa vision des relations internationales, en insistant sur une action internationale de la France qui repose sur la défense, la diplomatie et le développement, on remarque que seule la défense tire son épingle du jeu. Cette asymétrie entre les paroles du Président et les actes du Gouvernement est profondément regrettable pour la crédibilité de la France sur la scène internationale.

Ce qui est très gênant dans la politique que vous menez, monsieur le ministre, c'est qu'il n'y a jamais une seule seconde à perdre lorsqu'il s'agit de découdre le droit du travail ou de faire des cadeaux aux plus riches, mais vous repoussez toujours à plus tard ces dépenses-là, pourtant nécessaires parce qu'utiles au plus grand nombre.

Vous l'aurez compris, nous voterons contre ce budget, car nous pensons que vous ne faites pas les bons choix pour faire de la France un grand pays porteur de paix et de liberté. Qui veut la paix prépare la paix : concentrons-nous sur la diplomatie et sur le développement. Ce sont ces valeurs-là qui nous animent.

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