Intervention de Jean François Mbaye

Séance en hémicycle du mardi 7 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean François Mbaye :

Monsieur le président, messieurs le ministre, monsieur le secrétaire d'État, mesdames, messieurs les rapporteurs spéciaux, chers rapporteurs pour avis, chers collègues, la mission « Action extérieure de l'État » est l'un des éléments essentiels du rayonnement de la France dans le monde. Il ne s'agit pas là d'une vaine gloriole. C'est, au contraire, la garantie pour nos concitoyens de voir leurs intérêts et leur sécurité défendus.

Quand notre Président obtient un arbitrage favorable sur la question des travailleurs détachés en Europe, ce sont les travailleurs français qui en profitent directement. Quand la France oeuvre à préserver les accords sur le nucléaire avec l'Iran ou use de son influence pour amener toutes les parties au conflit syrien autour de la table, c'est la sécurité de notre territoire et de nos intérêts à travers le monde qui en profite. Quand la France défend les accords de la COP21, c'est notre avenir qu'elle défend.

Si la voix de la France est écoutée, c'est parce que, au quotidien, à travers le monde, des femmes et des hommes sont en charge de faire exister notre pays dans l'esprit des nations. Ce qui fait que nous sommes écoutés, c'est notre capacité de parler à tout le monde. La France est l'un des rares pays qui peut se targuer de posséder un réseau diplomatique universel. Ce réseau est la clé de voûte de notre rayonnement. C'est pour cela que la France doit s'assurer du lien des membres de ce réseau avec la nation et leur offrir la protection que le pays leur doit. C'est aussi par la simplification des démarches et, bien entendu, à travers leurs représentants à leur écoute dans cet hémicycle que ce lien s'entretient au quotidien.

Ces actions réclament des moyens : ils seront donnés à travers les programmes 105, 151 et 185. Pour nous, les priorités sont claires et bien prises en compte.

Il est essentiel, en cette période troublée, que la France assure la sécurité des Français de l'étranger. Nous avons été soucieux lors de l'examen de ce texte, de nous assurer que cette priorité n'avait pas été oubliée.

La continuité dans l'effort budgétaire pour la sécurisation des ambassades et des communautés françaises, comme l'augmentation de 2 millions d'euros allouée à la collaboration à la lutte antiterroriste, sont conformes aux engagements pris par le Président de la République. Nous ne marchanderons pas la sécurité.

Nous avons aussi été sensibles aux efforts consentis pour poursuivre la modernisation du réseau diplomatique afin d'en accroître l'efficacité. L'économie de 20,8 millions d'euros représente ainsi un effort substantiel qui s'inscrit dans une politique de rationalisation efficace des dépenses de fonctionnement. D'autant que, en l'occurrence, il s'agit non pas de couper sans discernement mais, à travers un programme de transformation, d'assurer à nos concitoyens à l'étranger une présence adaptée de la nation auprès d'eux.

Cette présence de la nation nous paraît être un vecteur essentiel de l'ambition dont la France est porteuse pour l'Europe et pour le monde. Nous ne pourrons construire une Europe qui protège qu'à travers ce dialogue. Et c'est en parlant avec tous que la France pourra tenir son rang international dans la gestion des crises à venir.

Que ce soit pour continuer de poursuivre ces ambitions de long terme ou pour gérer l'urgence, nous avons été sensibles à la volonté dont témoigne ce budget de trouver des solutions simples et pragmatiques afin d'assurer une présence quotidienne sur le terrain. Voilà pourquoi l'objectif de baisse des dépenses à 2,7 milliards d'euros en 2020 nous semble à la fois réaliste et pragmatique. Réaliste, car, nous le savons, aucune politique ne peut s'inscrire dans la durée si elle n'est pas financièrement soutenable. Pragmatique, car il n'est pas question de faire systématiquement moins, mais de s'adapter en permanence pour faire mieux.

Mes chers collègues, il ne s'agit pas que nous votions ces programmes pour les oublier aussitôt dans le tourbillon de l'actualité. Ces programmes sont les bases de la présence de la France à travers le monde. Et, à partir de ces bases, il nous faudra nous assurer qu'une véritable transformation a lieu, avec vous, messieurs les ministres. Nous devons avoir conscience – c'est ce que souhaite le Président de la République – du fait que la mission du Parlement ne peut se limiter à voter la loi et à attendre sagement l'année suivante pour recommencer.

De fait, le travail en commission, particulièrement riche, nous a permis de constater que le suivi des actions menées allait être essentiel au cours de l'année à venir. En particulier, nous continuerons de nous interroger sur la gestion des besoins : qu'il s'agisse de la gestion de l'immobilier ou de l'adaptation des postes de présence diplomatique, il nous paraît primordial d'adopter une démarche qui part de l'identification précise et partagée des besoins. Ensuite, il nous semble tout aussi crucial de recourir à des indicateurs spécifiques et réalistes pour déterminer dans quelle mesure, au fil du temps, les objectifs fixés ont été atteints.

En conclusion, mes chers collègues, ce budget fait le choix de maintenir et de pérenniser le réseau diplomatique de la France, lequel nous permet de renouer avec notre grande tradition diplomatique – car si nous voulons continuer à parler à tous, nous devons être présents auprès de chacun. Conscients des efforts engagés et du travail accompli, nous estimons nécessaire de donner à cette présence les moyens d'exister. Constatant que ce budget assure ces moyens, le groupe La République en marche votera avec conviction les crédits de la mission « Action extérieure de l'État ».

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