Intervention de Alain David

Séance en hémicycle du mardi 7 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlain David :

Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d'État, mesdames, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, la France a été désignée pays le plus influent en 2017. L'information, qui provient d'une étude du cabinet américain Portland et de l'Université de Californie du Sud, est largement rappelée dans le rapport de Mme Genetet. Comme tout classement, celui-ci comporte des biais, mais comme pour tout classement, le fait de bien y figurer est un encouragement.

Cette performance est liée à la tradition d'excellence de notre diplomatie, à la qualité de notre réseau consulaire, à la réputation culturelle de notre pays ou encore à son attractivité touristique. Elle vient également couronner l'action de vos prédécesseurs, monsieur le ministre. Leur constance et l'approche multilatérale respectueuse mais volontariste dont ils ont fait preuve ont notamment permis la réussite de la COP21 à Paris.

Ce « soft power » et l'action extérieure de la France se trouvent donc légitimés. Cependant, cette position éminente dans le concert des nations nous oblige. Il nous appartient de déterminer les moyens mis à la disposition de notre diplomatie afin de conserver cette excellence. Je constate que les trois programmes récurrents de la mission – le programme 105 « Action de la France en Europe et dans le monde », le programme 185 « Diplomatie culturelle et d'influence » et le programme 151 « Français à l'étranger et affaires consulaires » – connaissent une relative stabilité budgétaire, tandis que le nouveau programme 347 « Présidence française du G7 » affirme la volonté louable de réussir ce rendez-vous international.

Au-delà de ces grandes masses budgétaires, Mme Genetet salue, à juste titre, les performances du ministère des affaires étrangères. Elle rappelle qu'il a su contribuer au rayonnement international de la France et rendre service à un nombre croissant de Français, installés ou de passage à l'étranger, le tout malgré une baisse constante de ses effectifs ces dix dernières années. Je me demande si cette tendance peut se poursuivre, compte tenu de l'élargissement des missions du ministère et de la qualité de service attendue de la part de l'une des premières diplomaties au monde.

Mme la rapporteure évoque également quelques pistes d'amélioration, et je souhaite moi-même revenir sur la question particulière du patrimoine immobilier du ministère. Je passe sur le patrimoine en France, même s'il y aurait sans doute à dire, pour examiner le patrimoine à l'étranger. Je crains que sa gestion ne soit effectivement marquée par une vision budgétaire à court terme. Or, au-delà de la qualité des hommes dont je ne doute pas, l'influence de la France passe aussi par l'existence de lieux symboliques, identifiés, au-dessus desquels le drapeau tricolore donne à voir une certaine image de la France.

Enfin, je veux appeler votre attention sur le sujet précis de l'audiovisuel extérieur, sur lequel j'ai eu la chance de conduire une mission récemment. Avant d'évoquer, en temps voulu, les problèmes de financement de France Médias Monde et de TV5 Monde, qui font l'objet de deux programmes distincts, je dirai quelques mots de la coopération audiovisuelle contenue dans le programme 185.

J'ai eu la chance de me rendre récemment en Tunisie, où j'ai mesuré combien la coopération audiovisuelle couvre des champs transversaux clés de notre politique d'influence : gouvernance, relations médias et image de la France, société civile, exportation de nos programmes et chaînes, francophonie, coopération dans les domaines du cinéma, mais aussi dans d'autres industries culturelles. Elle est particulièrement dynamique au Maghreb et en particulier en Tunisie où, suite aux changements politiques, la concurrence des influences est très forte. Elle se traduit par une large palette d'actions, au plus près du terrain. Malheureusement, l'annonce récente de la suppression d'un poste d'attaché audiovisuel basé à Tunis et compétent sur toute la région du Maghreb est un signal négatif envoyé aux Tunisiens, à un moment charnière de leur histoire.

Ce projet de budget, du fait de sa stabilité, doit permettre à la France de conserver sa capacité d'influence. Des améliorations sont toujours possibles pour permettre à notre pays de conserver un réseau diplomatique et une action extérieure performants et remarqués.

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