Intervention de Loïc Prud'homme

Séance en hémicycle du jeudi 9 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Écologie développement et mobilité durables

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaLoïc Prud'homme :

… décision hautement symbolique alors que la COP23 est en ce moment même présidée par les Îles Fidji.

Vous soutenez le projet de mine d'or en Guyane, contre tout bon sens social et écologique.

Vous renoncez à entraîner l'agriculture dans la transition écologique pour la libérer des Monsanto et autres lobbies de l'agrobusiness. Ainsi, vous avez baissé les aides à l'agriculture biologique, vous avez autorisé un nouveau pesticide tueur d'abeilles et vous refusez d'en finir dès maintenant avec le glyphosate.

Vous continuez à soutenir de grands projets absurdes, qui seront les fiascos écologiques et économiques de demain : l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'EPR de Flamanville, le tunnel sur la ligne Lyon-Turin ou encore EuropaCity, pour ne retenir que les pires d'entre eux.

Cette liste n'est pas exhaustive, mais elle montre bien quels sont les intérêts qui dictent votre action depuis votre arrivée au pouvoir. Vous en porterez la responsabilité devant l'histoire.

Partant de là, votre budget est limpide et cohérent : il est au service de la politique menée jusqu'à présent, dont je viens d'égrener quelques renoncements, alors que nous avons besoin d'une solution alternative audacieuse.

Avec ce budget, vous continuez à faire preuve de laxisme en matière de réduction des émissions de dioxyde de carbone en avantageant les plus gros pollueurs. Pourtant, l'exonération dont bénéficient les transporteurs aériens représente à elle seule un manque à gagner de 7 milliards d'euros pour les finances publiques. Dans le même temps, les ménages supportent 60 % de la fiscalité écologique.

Avec ce budget, vous renoncez aux leviers qui permettraient d'enclencher la transition écologique. Vous mettez à mal de nombreux établissements essentiels à ce changement. Je pense notamment au CEREMA, à Météo France ou aux agences de l'eau, citées précédemment.

Avec ce budget, enfin, vous vous révélez inconscients face à l'urgence écologique et climatique, qui saute pourtant aux yeux de tous. Votre vision reste confinée à des impératifs économiques de court terme, dictés par les marchés financiers : profit, rentabilité, bénéfices.

C'est bien là que se trouve la vraie ligne de fracture entre vous et nous. Vous êtes aveugles à l'urgence écologique, alors que nous y voyons une occasion de changer la société par le haut, en entraînant l'économie et toutes les activités humaines dans une spirale vertueuse. Nous proposons la planification écologique et une vraie politique ambitieuse d'investissement qui mènerait à 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

Je rappelle cela, car vous venez de renoncer à votre objectif minimaliste de 50 % d'énergie propre en 2025.

Devant tous ces reculs, devant tous ces renoncements, devant tout cet aveuglement, nous pouvons faire deux constats. Le premier est que l'écologie « En marche » n'existe pas. Les quelques coups de peinture verte sur la façade, faits à la va-vite, ne résistent pas à l'épreuve de la réalité des faits, de votre politique et de ce budget pour 2018. Le deuxième est que vous restez, envers et contre tout, le gouvernement des intérêts privés et des grands groupes avides de profits.

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