Intervention de Mathilde Panot

Réunion du mercredi 1er avril 2020 à 18h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMathilde Panot :

Mardi après-midi, relayant les inquiétudes de l'Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, et du président de la commission médicale de l'Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP), j'ai interrogé le Gouvernement sur son action face au risque de pénurie de certains médicaments – curare, morphine, antibiotiques, sédatifs, ou encore anxiolytiques. « Il n'y a aucune demande de limitation du recours à la morphine auprès de qui que ce soit. […] Je le dis […] avec gravité, car ce n'est pas une information que l'on peut manipuler comme cela, pour faire un effet de tribune : il n'y a aucune demande de limitation de médicaments permettant de lutter contre la douleur des patients », m'a répondu M. le ministre des solidarités et de la santé.

Malheureusement, c'est faux. Je veux bien croire que le ministère de la santé n'a pas ordonné cela, mais c'est la réalité et l'angoisse des soignants. Anne Gervais, gastro-entérologue et hépatologue m'a confirmé tout à l'heure que, depuis jeudi dernier, à l'hôpital Louis Mourier, à Colombes, il lui a été demandé d'utiliser du valium à la place de la morphine. Ce week-end, elle a dû accompagner une personne en fin de vie sans morphine. Selon ses propres mots, la situation est épouvantable.

Comment est-il possible que le ministère des solidarités et de la santé ne soit pas au courant de ces consignes, malgré les alertes ? Je sais bien que la tension est mondiale, mais la France dispose du savoir-faire nécessaire. Qu'attendez-vous donc pour réquisitionner tous les moyens de production, afin de produire ces médicaments indispensables ?

Ce n'est pas là de l'idéologie. L'idéologie, c'est le refus de réquisitionner les moyens de Famar, de nationaliser Luxfer, nous privant ainsi de la seule entreprise en Europe sachant produire des bouteilles d'oxygène médical ; c'est la confiance dans la loi du marché qui est responsable de cette situation de catastrophe.

Il faut impérativement que l'État reprenne la main sur la production de médicaments, qui n'aurait jamais dû être privatisée et délocalisée. La planification sanitaire est la clé.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.