Intervention de Annick Girardin

Réunion du mardi 14 avril 2020 à 17h30
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Annick Girardin, ministre des outre-mer :

En accord avec le préfet, l'ARS et les élus du territoire, la décision a été prise d'arrêter les vols à destination de Mayotte, afin de ne pas augmenter le nombre de résidents, pour ne pas aggraver encore les difficultés. Un pont aérien a donc été mis en place depuis La Réunion, renforcé par une liaison maritime, assurée par les navires militaires présents dans la zone, à savoir Le Mistral et d'autres frégates ; Mayotte reçoit donc suffisamment de matériel. Le fret sanitaire et le fret alimentaire constituent les deux priorités. Trois vols transportant 20 à 25 tonnes chacun ont lieu par semaine, plus un avion-cargo de 50 tonnes qui effectue au moins un vol par semaine.

Concernant les masques qui se sont révélés moisis à La Réunion, comme d'ailleurs à Mayotte, je veux préciser qu'ils n'ont pas été envoyés par la métropole – j'ai dénoncé cette situation. Il s'agit dans les deux cas de masques extraits des réserves locales ; l'erreur a été assumée, l'important est que des masques supplémentaires ont depuis été expédiés pour remplacer ceux défectueux.

Cent médecins ont été requis à Mayotte ; à ce stade, vingt personnels de la réserve sanitaire se sont rendus sur place pour renforcer les équipes déjà présentes.

Nous connaissions les difficultés de Mayotte, de la Guyane, et d'autres territoires d'outre-mer : la crise que nous traversons ne fait que les éclairer davantage. Les infrastructures sanitaires y sont effectivement en retard et les conditions d'hébergement d'une grande partie de la population, à Mayotte notamment, sont indignes et compliquent encore la résolution de la crise. Je veux remercier les préfets, les ARS, l'ensemble des services de l'État et les élus, qui font tout ce qui est possible pour compenser ces difficultés.

L'instauration précoce du confinement, avant l'apparition des cas ou alors qu'ils étaient très peu nombreux, nous a fait gagner un temps que nous mettons à profit pour équiper les territoires ultramarins en tests, respirateurs, lits, moyens humains, comme en matériels de consommation régulière : masques, blouses, etc. Aujourd'hui, 480 900 masques sont arrivés à La Réunion, ainsi que 105 000 masques FFP2, 5 000 blouses, 6 000 gants, 1 500 lunettes ; des productions locales s'y ajoutent, et il faut s'en féliciter : un gel est produit à La Réunion, et des masques fabriqués dans tous les territoires d'outre-mer. À Mayotte, 210 500 masques chirurgicaux sont arrivés, ainsi que 48 120 FFP2, et plus de 1 000 blouses ont été envoyées : la solidarité nationale est au rendez-vous, et elle se poursuivra.

Mayotte a connu une crise grave en 2018, dont elle se relève à peine ; l'ensemble des élus ont salué l'accompagnement de l'État. Le plan doit être poursuivi : la lutte contre le Covid-19 ne doit pas entraîner une décélération des équipements, dans les domaines de l'enseignement, de la santé et du logement notamment. Comme vous l'avez souligné, La Réunion et Mayotte luttent contre deux épidémies, puisqu'une épidémie de dengue sévit également – vous pouvez mesurer les difficultés auxquelles sont confrontés ceux qui oeuvrent sur le terrain, et auxquels j'adresse mes félicitations.

Enfin, je confirme le recours à la procédure d'appel devant le Conseil d'État, qui a d'ailleurs donné raison à l'État.

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