Intervention de Stéphane Piednoir

Réunion du jeudi 6 février 2020 à 9h30
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Stéphane Piednoir, sénateur :

Merci pour vos présentations qui éclairent le champ de vos travaux. Mes questions s'adressent à vous trois.

Je suis très concerné car j'étais le maire d'une commune avec un site classé Seveso « seuil bas », et j'ai appartenu au conseil administration d'une agence de surveillance de la qualité de l'air, Air Pays de la Loire, qui est membre de votre fédération.

Sur la qualité de l'air, vous avez dit que votre axe principal concerne la préservation de la santé des citoyens. Je pense qu'il faut aussi axer l'effort sur l'information des populations. Je sais que c'est compliqué. En effet, les agences de surveillance sont historiquement implantées autour de sites industriels liés à la pétrochimie, et il y a une forme de tropisme à continuer à s'intéresser uniquement à ces sites, au lieu d'élargir les horizons à d'autres sites un peu moins polluants, mais qui suscitent des interrogations chez les gens.

Vous avez un levier d'action qui est tout simplement les bulletins d'information des communes. Ce levier mériterait d'être utilisé à fond pour informer, mais aussi pour rassurer, que ce soit sur la durée de vie des polluants ou sur les odeurs pouvant être détectées par les riverains.

Il y a une initiative dans la région Pays de la Loire, celle du recrutement de « nez » pour détecter des pollutions. Je ne sais pas si elle est généralisée. Cela pourrait peut-être se faire autour de sites un peu moins visibles, un peu moins exposés médiatiquement, mais qui suscitent des interrogations de la part des populations. Cela fait partie des signaux faibles.

Nous avons parlé des subventions. Des subventions régulières existent, et puis périodiquement, le sujet de l'implantation d'une nouvelle borne de mesure devient d'actualité. Je sais que cela donne lieu à des échanges, voire des négociations, avec les collectivités. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces échanges ?

Concernant la qualité de l'eau, la crise du tritium sur la Loire a été médiatisée par une association, l'ACRO, l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest. Il y a la qualité de l'eau d'une part, et dans la réalité, un raccourci se fait très rapidement sur les problèmes liés au nucléaire, pour le dire le plus diplomatiquement possible. Un problème de méthodologie a été mis en lumière par l'IRSN, un institut référencé, qui fait foi dans le domaine.

Ma question est la suivante : comment faire face à cette multiplicité d'annonces sur la qualité de l'eau ? Dans la région Pays de la Loire, les critères sont sévères, puisque seuls 11 % des cours d'eau sont considérés comme étant de bonne qualité. Quand vous dites cela à l'ensemble des Ligériens, cela a de quoi émouvoir un peu. 89 % sont en mauvais état, ce qui a de quoi inquiéter. En réalité, on sait bien que ce constat est lié aux critères établis. Je ne dis pas que le progrès des mesures crée de la crainte et de l'anxiété, mais il y a quand même un peu de cela.

En ce qui concerne les risques technologiques, je m'étonne franchement. Le risque est le produit de la probabilité par la nocivité. Les industriels gèrent cela aussi, ils font des efforts de confinement. Malheureusement, ce n'est absolument pas pris en compte pour la réduction des périmètres. Les DREAL sont plus en cause, mais j'imagine que l'INERIS peut avoir son mot à dire dans la construction du modèle de protection des zones qui sont décrétées par les DREAL. Elles ont des impacts très forts pour les communes, pour leur développement. Or j'ai des témoignages, des exemples précis de réduction du risque, tout simplement parce que l'industriel a fait de gros efforts sur la gestion de ses produits toxiques.

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