Intervention de Bérangère Abba

Séance en hémicycle du mercredi 20 mai 2020 à 15h00
Débat sur l'opportunité d'une quatrième révolution industrielle écologique et numérique

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBérangère Abba :

Trois révolutions industrielles et plus de deux siècles de progrès nous ont donné le pouvoir de transformer la nature. Pourtant, notre modèle n'a jamais semblé aussi vulnérable. L'urgence sanitaire et ses impacts économiques se sont ajoutés à l'urgence climatique et environnementale, chacune portant son lot de drames intimes et d'épreuves collectives. La crise que nous vivons a bouleversé nos habitudes, mais aussi nos valeurs. Nous sommes désormais nombreux à être convaincus de l'impérieuse nécessité d'une transition, et à sortir de la période écoulée plus volontaires et déterminés que jamais.

Le changement de société et de modèle qui s'impose pourrait reposer sur quatre piliers, que La République en marche défend à travers une stratégie en quatre S : sobriété, souveraineté, solidarité et soutenabilité.

La sobriété d'abord : après ce que nous venons de vivre, dans ce retour à l'essentiel et face aux angoisses suscitées par le manque, les besoins de sûreté et de qualité ont rendu la surconsommation chaque jour plus futile, tout comme l'obsolescence programmée nous est devenue insupportable. La quatrième révolution industrielle pourrait donc être celle d'une sobriété choisie, guidée tant par nos besoins essentiels que par la limite des ressources planétaires.

Il est aussi indispensable de repenser notre souveraineté à l'échelle française et européenne. Nous ne pouvons pas dépendre de l'extérieur pour nos approvisionnements en produits vitaux et en ressources essentielles.

La transition que nous voulons doit également être celle de tous : le troisième pilier, qui nous paraît essentiel, est celui de la solidarité, porteuse de justice sociale mais aussi de mobilisations collectives, indispensables pour protéger les plus fragiles, qui sont toujours les premières victimes des crises.

Enfin, la soutenabilité de ce nouveau modèle suppose de faire évoluer nos modes de production à l'aune de nouveaux critères : la qualité, la durabilité et l'efficacité matérielle et énergétique. Pour ce faire, l'innovation et le progrès technique seront nécessaires, mais pas suffisants. Ces révolutions industrielles ne doivent pas tout au hasard, à la science ou à une main invisible : elles sont avant tout le fruit de décisions politiques et économiques.

Le Gouvernement a déjà engagé un changement de perspective, à travers la loi d'orientation des mobilités, la loi relative à l'énergie et au climat, ou encore la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Comment pouvons-nous envisager cette évolution à l'avenir ?

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