Intervention de Gilles Lurton

Séance en hémicycle du mercredi 20 mai 2020 à 15h00
Débat sur la pénurie de médicaments en france

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGilles Lurton :

L'augmentation du nombre de personnes maintenues en coma artificiel dans les services de réanimation des hôpitaux a entraîné inévitablement une augmentation de la consommation de médicaments anesthésiques utilisés pour la sédation des patients. Le nombre de patients hospitalisés est désormais en baisse. Cependant, nous savons que l'épidémie peut resurgir et que nos hôpitaux peuvent rapidement connaître des besoins importants. La reprise de l'activité chirurgicale dépend aussi de la disponibilité de ces médicaments.

Aussi, monsieur le secrétaire d'État, je souhaiterais obtenir une présentation précise de l'état des stocks au niveau national. Certains disent que la France ne serait pas réapprovisionnée en propofol avant la fin du mois de juin. Qu'en est-il ?

Ma deuxième question porte sur la répartition de ces médicaments : le 27 mars dernier, dans un souci d'optimisation des stocks, vous avez décidé d'instaurer un nouveau système, la répartition de cinq médicaments anesthésiques étant désormais assurée par le ministre de la santé, sur proposition de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, en tenant compte, pour chaque établissement, de l'état des stocks, du niveau d'activité en réanimation, ainsi que des propositions d'allocation des agences régionales de santé.

Or nombre d'établissements de santé dénoncent l'opacité et le manque de lisibilité de cette répartition. Certains reçoivent des produits dont ils n'ont pas besoin en priorité, alors qu'ils ne sont pas livrés en produits attendus. D'autres reçoivent des produits non référencés.

Après avoir exprimé précisément leurs besoins, les établissements obtiennent une réponse fondée sur un calcul global en milligrammes ou en grammes, qui ne prend absolument pas en considération leurs besoins réels. Ils constatent un mélange des fournisseurs, l'absence de prise en compte des dosages, des concentrations différentes. Ce n'est qu'au moment de la réception des produits que les pharmaciens s'aperçoivent du problème, alors que les besoins sont souvent immédiats.

De nombreux exemples de ces difficultés pourraient être cités. Envisagez-vous de revenir à une gestion moins administrative, plus décentralisée et plus proche des besoins ?

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