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Intervention de Philippe Vigier

Séance en hémicycle du mercredi 15 juillet 2020 à 15h00
Déclaration de politique générale du gouvernement débat et vote sur cette déclaration

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Vigier :

La France a eu besoin d'un État fort et d'un pouvoir centralisé pour se construire, mais, dans un monde ouvert – sans doute imprudemment, et la responsabilité est collective – aux vents de la mondialisation, elle a désormais besoin de territoires forts pour ne pas se défaire.

Si le nouveau chemin que vous nous invitez à emprunter passe par une authentique révolution girondine de cette nature, ce n'est pas seulement la machine administrative de l'État central ou déconcentré qui fonctionnera : ce sera la France qui bougera ; ce seront des hommes et des femmes unis par un même effort et une même aspiration qui agiront dans un même mouvement.

Le deuxième défi auquel nous sommes confrontés est celui de la relance économique. Nous compterons 1 million de chômeurs supplémentaires d'ici à 2021. Des pans entiers de notre économie, pourtant performants, sont fragilisés. L'urgence est de préserver à tout prix les emplois à haute valeur ajoutée, indispensables au maintien de l'attractivité de nos territoires. Je songe en particulier au secteur aéronautique, en faveur duquel ma collègue Sylvia Pinel s'est particulièrement mobilisée.

Il s'agit également d'assurer notre souveraineté en matière de santé – nous en avons récemment mesuré l'importance – , d'alimentation et d'agriculture – je le souligne à l'intention de Julien Denormandie – , mais également de numérique et d'industrie. Osez bâtir, monsieur le Premier ministre, territoire par territoire, une stratégie de protection de l'emploi, de relocalisation et de création de nouvelles filières, en utilisant les savoir-faire locaux !

Cela supposera d'investir massivement dans l'indépendance et la rénovation énergétiques, dans les infrastructures – domaine dans lequel nous n'avons que trop attendu – , dans la mutation des modes de transport et dans la diversification des modes de production et de distribution agricoles. N'oublions pas le pilier essentiel que constitue la couverture numérique du territoire – car le New Deal numérique est à la peine, tandis que le déploiement de la 5G reste erratique.

Cela nécessitera également une nouvelle gouvernance – vous l'avez souligné. Alors, monsieur le Premier ministre, allons-y ! Pour gagner en réactivité, il faut fixer des clauses de revoyure avec le Parlement et les élus locaux, afin que l'on vérifie si, oui ou non, les choses fonctionnent.

Faisons du bâtiment un moteur de la reprise, en relançant des chantiers dans le neuf, en étroite collaboration avec les collectivités locales !

Sauvegardons nos outils de production agricole et accompagnons nos jeunes agriculteurs en proie au doute, à de nouvelles réglementations toujours plus contraignantes et à une concurrence déloyale, l'agrandissement des exploitations devenant le seul objectif – Jean-Michel Clément en parle souvent.

Lançons un « septembre de l'innovation » pour financer, dans nos territoires, des projets de start-up dans des secteurs stratégiques ! Allez-y, monsieur le Premier ministre : la France regorge de start-up prêtes à démarrer ! Mobilisons l'épargne dormante des Français pour financer des projets auxquels ils pourront s'identifier et qui produiront des effets rapides et concrets dans leurs territoires !

Face à une situation sociale dégradée et tendue, il faut soutenir massivement le pouvoir d'achat des familles – vous l'avez annoncé – , qui font la base de la consommation et donc de la croissance. Mais il faut aussi, comme Patrick Mignola et vous-même l'avez également souligné, soutenir de façon accrue, avec les partenaires sociaux, la participation et l'intéressement et revoir le modèle coopératif, qui est à bout de souffle – je m'adresse ici au gaulliste social que vous êtes.

J'en viens au troisième chantier auquel nous devons nous atteler : la cohésion nationale. Ne détournons pas pudiquement les yeux de ce défi – que le Président de la République désigne sous le terme de « séparatisme » – , auquel la crise sociale va donner une ampleur inédite. Vous avez d'ailleurs prononcé des mots forts.

Il faut refuser le communautarisme. La France est en proie à une véritable crise démocratique : le lien de confiance entre les Français et leurs représentants s'est fragilisé, parfois même rompu ; l'abstention progresse, avec ou sans covid-19 ; le pacte républicain est fissuré. C'est tous ensemble que nous parviendrons à protéger la démocratie et à faire en sorte que la République reconquière les esprits et les coeurs.

Pour mener ce combat, il vous faudra, là encore, vous appuyer sur les élus locaux, qui attendent de vous que vous leur donniez les moyens de lutter contre les ennemis de la République, comme vous y appellent souvent Olivier Falorni et François Pupponi. Dans cette logique, je propose de créer et d'installer dans tous les territoires, notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, des comités locaux de la citoyenneté et de la cohésion sociale, associant tous les acteurs.

Le quatrième chantier, vous l'aurez compris, est celui de l'indispensable transition écologique – chère à notre groupe – et de la santé environnementale. La transition ne s'accélérera que si les territoires y sont associés. Ce sont les collectivités territoriales qui portent les projets ; donnez-leur la main, donnez-leur les moyens, donnez-leur la capacité de décider, et vous verrez : le reste suivra tout seul !

1 commentaire :

Le 28/07/2020 à 02:08, conservateur6 a dit :

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Il faut surtout en finir avec l'écologie punitive.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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